Orient-Occident
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Plat
Delft, 4e quart du XVIIe siècle
Faïence, peinte en bleu de grand feu
diamètre 38 cm
Jusqu'au début du XVIIIe siècle, l'Europe dépendra presque entièrement de la Chine - et dans
une moindre mesure du Japon - pour son approvisionnement en porcelaine. Avec le développement
des Compagnies des Indes, ce type de commerce prit une ampleur considérable. De plus en plus,
les fabricants chinois s'adaptèrent aux besoins particuliers de leur lointaine clientèle, en
reproduisant des formes d'après des modèles en bois ou en céramique fournis par les marchands
hollandais, puis en exécutant des décors parfaitement étrangers à leur tradition, basés sur
des dessins ou des gravures envoyés d'Europe.
Les différents styles de porcelaine proposés sur le marché européen par les Chinois
(Bleu et blanc - Famille verte - Imari - Famille rose) et par les Japonais (Imari - Kakiemon)
ne manquèrent pas d'influencer les productions céramiques occidentales. Que ce soit dans le domaine
de la faïence ou dans celui de la toute nouvelle industrie de la porcelaine (les manufactures
commencèrent à se multiplier en Europe dès les années 1740), on mesure l'impact énorme des coloris,
des formes et des motifs orientaux. De la copie conforme jusqu'aux interprétations les plus libres.
Ce jeu des influences réciproques atteignit des sommets lorsque, vers le milieu des années 1750,
les Chinois furent priés d'imiter - tant bien que mal - les produits de la porcelaine de Meissen.








