Conserver
Rechercher
Diffuser
Coin presse

Les Musées de Genève

Rechercher

Ariana

Musée Ariana

Musée Ariana > Musée > Collections > Faïence
home

Faïence


Les premiers spécimens de porcelaine chinoise arrivèrent très tôt en Mésopotamie, dès le IXe siècle. Par sa blancheur virginale, par sa translucidité magique et son incroyable finesse, cette céramique venue d'un autre monde fascinera et envoûtera l'Occident pendant des siècles. Un peu partout, on tentera d'en percer le secret. Les Européens y parviendront, au début du XVIIIe siècle seulement. A défaut de pouvoir fabriquer leur propre porcelaine, les potiers du Proche-Orient et d'Europe s'efforcèrent dans un premier temps d'en imiter l'apparence, en affinant leur technique, en imaginant de nouveaux procédés.

C'est ainsi qu'au IXe siècle déjà, les potiers de Mésopotamie inventèrent la faïence. La technique consistait à remplacer la glaçure transparente de la terre cuite traditionnelle par une glaçure rendue opaque et blanche grâce à la simple adjonction d'oxyde d'étain (émail stannifère).

Cette nouvelle technologie céramique s'implanta en Europe - probablement dès le XIIe siècle - à la faveur de la présence arabe en Espagne, en Sicile et dans le sud de l'Italie. Les ateliers de Malaga et de Valence assimilèrent également le décor lustré. Cette somptueuse "vaisselle dorée" connut un succès retentissant auprès de la noblesse européenne: pour la première fois en Occident, la céramique se libérait de son rôle purement utilitaire pour devenir un produit de prestige.

C'est dans l'effervescence artistique de la Renaissance italienne que la faïence européenne se détacha définitivement de ses modèles proche-orientaux pour créer un style propre et gagner ses lettres de noblesse. La contribution majeure de la faïence italienne du XVIe siècle (dite aussi "majolique") fut le développement d'une polychromie flamboyante et d'une maîtrise picturale qui resteront longtemps inégalées dans toute l'histoire de la céramique. (ill.) Au XVIIe siècle, l'art de la faïence connut de nouveaux développements techniques et stylistiques. Cette fois-ci, le courant novateur se manifesta dans le nord de l'Europe: aux Pays-Bas, et plus particulièrement à Delft. Grâce à leur Compagnie des Indes orientales, les Hollandais donnèrent une ampleur nouvelle aux échanges commerciaux avec l'Orient. Parmi les denrées exotiques qui se négociaient sur le port d'Amsterdam, la porcelaine de Chine prit une place de plus en plus importante. Lorsque la porcelaine chinoise vint à manquer - entre 1657 et 1682 (voir "Bleu et blanc") - les potiers de Delft réussirent à s'approprier le marché de la céramique de luxe. Pour y parvenir, ils avaient perfectionné leur technique de la faïence afin d'imiter l'aspect de la porcelaine orientale, sa finesse, sa brillance et le charme exotique de ses décors bleu et blanc (ill.) Les fameux "bleus de Delft" rencontrèrent un succès croissant sur tout le continent. Un peu partout, en France, en Angleterre, en Allemagne et même en Italie, les faïenceries délaissèrent la polychromie pour suivre la mode.

Au XVIIIe siècle, la France s'affirma comme le phare culturel de l'aristocratie européenne. L'art de vivre cultivé à Versailles faisait école. Confronté à de sérieux problèmes de trésorerie, Louis XIV en vint à ordonner la fonte de toute vaisselle d'or et d'argent. La faïence prit dès lors une place prépondérante dans l'art de la table. A Nevers, Rouen, Moustiers ou Marseille, les grandes manufactures peu à peu s'affranchirent de l'influence hollandaise pour adopter des styles conformes au nouveau goût.

Lorsque - à la suite de Meissen - les Européens se mirent à produire leur propre porcelaine, la faïence se trouva menacée. Afin de rester compétitifs face aux décors raffinés et chatoyants de Meissen ou de Vincennes, les faïenciers assimilèrent la polychromie de petit feu. Les émaux utilisés par les décorateurs étaient fixés dans une cuisson supplémentaire à basse température, ce qui permettait de réaliser une gamme de couleurs plus étendue et plus subtile, dont le pourpre et même la dorure.

ACTUALITÉS

 8 artistes & la terre
jusqu'au 08 septembre 2013

PROCHAINEMENT

 Akio Takamori - Portraits ordinaires
du 30 août 2013 au 27 octobre 2013
----
 Jean Fontaine - En fer sur terre
du 27 septembre 2013 au 16 février 2014