Voltaire
à l’opéra
5 mai – 8 octobre 2004
Du 5 mai au 8 octobre 2004 s'est
tenue à l’Institut et Musée Voltaire une exposition
intitulée Voltaire à
l’opéra : s’il s’agissait bien
entendu d’y examiner quels ont été les rapports
du résidant des Délices à la musique et à
l’art lyrique, la réception de Voltaire dans le domaine
de l’opéra n’y était pas oubliée.
Sait-on par exemple que les tragédies
du grand homme ont suscité quelque soixante adaptations
pour la scène lyrique au dix-neuvième siècle
? Si l’on connaît en général deux des
chefs d’œuvre de Rossini, Tancredi et Semiramide, on ignore en
général que Verdi lui-même s’est risqué
à une Alzira composée
d’après la tragédie du même nom.
Au vingtième siècle, l’heure
n’est plus à la tragédie, et ce sont les
contes qui nourrissent l’inspiration des musiciens. Laissons
de côté Félix Fourdrain, qui ouvre le bal,
avec un Candide, en 1923.
Jean Dupérier, musicien français bientôt
réfugié à Genève, est plus intéressant,
même si son Zadig ne
rencontre, en 1938, qu’un succès d’estime
: il est vrai que la période, très agitée
sur le plan politique, n’était peut-être
guère propice à l’art lyrique.
Après la seconde guerre mondiale, c’est
Bernstein qui occupe le devant de la scène : son Candide est une évidente réaction contre la maccarthysme,
alors à son apogée, et le musicien américain
semble bien proche de Voltaire ! La fin du siècle est
plus paisible (même si le ton enjoué de Candide,
opéra-comique de Jean-Marie Curti, peut laisser songeur)
et reste marquée par une œuvre de très grande
envergure : le Micromégas de Paul Méfano, récemment entendu dans le cadre
du trentième anniversaire de l’ensemble 2e2m.
L’exposition des Délices s'est
avant tout voulue simple itinéraire et modeste initiation.
Un film de treize minutes, que les visiteurs ont pu voir dans
la chambre même de Voltaire, s'est chargé de leur
offrir les rudiments nécessaires à la découverte
des pièces exposées. Trois salles venaient ensuite
développer cet aperçu initial : la première
était consacrée à l’univers tragique
voltairien, la seconde aux contes et à leur exploitation
lyrique. La dernière, enfin, présentait les photos
de scène du Micromégas de Méfano réalisées par Guy Vivien en Avignon,
en 1991.
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© IMV Genève
05.05.2004 |