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  Collection permanente  
     

 

Les visiteurs peuvent découvrir, au rez-de-chaussée du musée, notre collection permanente. Constituée pour l’essentiel des tableaux légués par Theodore Besterman, milliardaire fondateur de l’Institut, et de meubles ayant appartenu à Voltaire, elle bénéficie d’un décor reconstitué lors de la rénovation du bâtiment, en 1994.



Nicolas de LARGILLIERE [attribué à], « Voltaire à l’âge de 24 ans », huile sur toile.
L’attribution de ce portrait universellement connu de Largillière (1656-1746) est actuellement contestée, en raison de sa facture assez faible. La toile aurait été donnée par Voltaire à Palissot, l’auteur de la comédie des Philosophes (1760).

 

Jean-Marc NATTIER, « Portrait de Mme du Châtelet », huile sur toile, [env. 1750].
Jean-Marc Nattier (1685-1766), peintre français resté célèbre pour ses portraits, représente ici Mme du Châtelet peu avant sa mort, survenue des suites d’un accouchement. Voltaire se remettra difficilement de la perte de celle qui avait partagé sa vie, vingt ans durant : « J’ai perdu le soutien de ma malheureuse et languissante vie… Il faut souffrir et voir souffrir, mourir et voir mourir. Voilà notre partage. »

 

Jean HUBER, « Voltaire et les paysans », huile sur toile.
Jean Huber (1722-1790) a demeuré vingt ans près de Voltaire, d’abord aux Délices, puis à Ferney. Il est resté célèbre pour les silhouettes découpées et les nombreuses caricatures qu’il offrait du patriarche. Quelques tableaux plus importants, dont cette huile sur toile, ont contribué à consolider l’image d’un Voltaire soucieux du bien-être social des habitants du pays de Gex.

 

Jean-Baptiste LEPRINCE, « Portrait de Mlle Clairon dans le rôle d’Idamé », huile sur toile.
C’est en août 1755, quelques mois seulement après l’installation de Voltaire aux Délices, que Mlle Clairon crée le rôle d’Idamé, dans L’Orphelin de la Chine, à la Comédie-Française.
Mlle Clairon était, dit-on, d’une humeur effroyable. Elle n’en a pas moins créé de grands rôles voltairiens, parmi lesquels Sémiramis, Electre, Aurélie, Idamé, Aménaïde et enfin Olympie. C’est dans L’Orphelin de la Chine qu’elle osa, pour interpréter le rôle d’Idamé, porter une robe « chinoise » sans panier et sans manche, et arborer une coiffure qui fit grand bruit dans les gazettes.

 

École Française, XVIIIe siècle, « Portrait de l’abbé Mignot », pastel.
L’abbé Mignot (1725-1791) était frère de Mme Denis et donc neveu de Voltaire. Grimm écrivait à son sujet : « L’oncle est sec…, le neveu est gros comme un tonneau ; l’oncle a des yeux d’aigle, le neveu a la vue basse. Tout ce qui les rapproche, c’est que le neveu est un fort honnête homme et que l’oncle est un bienfaisant… » L’abbé Mignot subtilisa le corps de Voltaire juste après sa mort, en 1778, afin de lui éviter le sort d’Adrienne Lecouvreur. On lui doit par ailleurs plusieurs ouvrages historiques.

 

[anonyme], « Vue du château de Cirey avec son jardin », accompagnée de deux vues de Cirey, huiles sur panneaux de bois.
C’est à Cirey que Voltaire s’était installé avec la marquise du Châtelet, en 1734. On remarque les jardins à la française, particulièrement appréciés du philosophe, et qu’on retrouvera aux Délices.

 

Jean-Antoine HOUDON, « Portrait de Voltaire », buste en plâtre patiné façon terre cuite, 2e moitié du XVIIIe siècle.
L’un des premiers chefs d’œuvre de Houdon (1740-1828) est la statue en marbre de saint Bruno, qu’on peut voir à Sainte-Marie-des-Anges, à Rome. « Si la règle de son ordre, avait dit le pape Clément XIV, ne lui prescrivait pas le silence, elle parlerait. » On lui doit ensuite de très nombreux bustes et statues des hommes les plus célèbres de son temps, depuis Washington et Franklin jusqu’à Voltaire et Rousseau.

 

Jean-Robert Nicolas LUCAS DE MONTIGNY (1747-1810), « Portrait de Voltaire debout, lisant », avant 1781, plâtre patiné façon bronze.
Lucas de Montigny, dont on connaît surtout le buste de Mirabeau actuellement conservé au Louvre, propose ici le philosophe en habit d’intérieur, accompagné de quelques-unes de ses tragédies et d’attributs allégoriques. Cette statuette a été exposée au Salon de 1791, année de la panthéonisation de Voltaire.

 

[anonyme], « Buste de Jean-Jacques Rousseau », [env. 1850].
Ce buste à l’antique de Jean-Jacques Rousseau nous rappelle discrètement que, si le citoyen de Genève et l’hôte des Délices se sont déchirés plusieurs années durant, leurs systèmes n’en restent pas moins parfois tout à fait proches : que penser, par exemple, de leur rejet commun des miracles ?

 

Jean-Antoine HOUDON, « Voltaire assis », statue de terre cuite, 1781.
À l’étage, la pièce maîtresse du musée est sans conteste ce Voltaire assis de Houdon. Tout le monde a vu le marbre de la Comédie-Française, mais les répliques sont généralement moins connues. Selon Theodore Besterman, « ce qui rend notre statue unique est le fait que la réplique est composée d’un seul bloc. » En effet, « tout l’axe vertical » de notre Voltaire assis « tombe sur le siège évidé et ses quatre pieds. » Cette prouesse technique est due à une innovation de Houdon : « le vide du fauteuil a été comblé par une pile de livres, ce qui caractérise uniquement notre statue. »
Ce Voltaire assis a-t-il bien appartenu à Beaumarchais et est-il bien resté, tout le temps de l’extrême fin du règne de Louis XVI et pendant la Révolution, à son domicile du boulevard Saint-Antoine ? Les avis sont aujourd’hui partagés. Notez la signature « HOUDON FECIT 1781 » : c’est en fait dès 1779 que Houdon avait esquissé les premiers dessins qui devaient mener à la réalisation de cette statue.

 


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© IMV Genève 30.06.2009