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Achetée en 1929 par la Ville de Genève, la propriété des Délices abrite un premier musée dès 1945. La gestion en est assurée par la Société auxiliaire du Musée de Genève, devenue entretemps la Société des amis du Musée d’art et d’histoire. Fondé en 1952, le musée actuel est officiellement inauguré le 2 octobre 1954, avec à sa tête Theodore Besterman.


1954-1971 : l’ère Besterman

On doit à Theodore Besterman la constitution du premier fonds d’importance de l’Institut et Musée Voltaire. Ce milliardaire d’origine polonaise met en effet à la disposition du musée une partie de sa collection de tableaux et d’œuvres d’art, où l’on trouve aussi bien des huiles sur bois que des bustes de Voltaire, des pastels et autres pièces intéressantes. Il laisse également un nombre important de manuscrits (lettres autographes, archives diverses) relatifs à Voltaire et au XVIIIème siècle.

Très grand connaisseur de l’œuvre de Voltaire et infatigable travailleur, Theodore Besterman a établi deux éditions successives de la Correspondance de Voltaire, et est à l’origine de nombreuses publications scientifiques. Après plus de quinze ans passés aux Délices, il se retire en Angleterre : naît alors la Voltaire Foundation d’Oxford, qui se donne pour mission la publication des Œuvres complètes du grand homme et la poursuite de travaux scientifiques d’envergure sur le dix-huitième siècle.


1973-2002 : Charles-Ferdinand Wirz, conservateur

C’est au dernier quart du XXème siècle que l’Institut et Musée Voltaire devient un incomparable instrument de travail pour les chercheurs du monde entier. On le doit à Charles Wirz, dont les travaux sont connus : outre de nombreuses publications sur Voltaire, rappelons qu’il a fait, entre autres, l’établissement du texte d’Emile de Rousseau pour la Bibliothèque de la Pléiade.

La bibliothèque, durant cette période, s’organise : un système de cotation spécifique à l’Institut permet un classement plus efficace des ouvrages toujours plus nombreux qui viennent compléter les rayons ; l’accueil des chercheurs et le développement des relations avec d’autres bibliothèques ou organismes d’étude vont en s’intensifiant ; les collaborations se multiplient.
Le phénomène le plus marquant de ces dernières années reste cependant la rénovation de l’ensemble de la propriété. Rénovation commencée en 1989 et achevée en 1994, c’est-à-dire pour les célébrations du tricentenaire de la naissance de Voltaire. Jacqueline Burnand, ancienne conseillère administrative chargée de l’aménagement, des constructions et de la voirie, avait alors précisé quels étaient les principes qui guidaient les travaux en cours : « La restauration de l’édifice est moins un retour à un état d’origine qu’un hommage contemporain à la mémoire du philosophe. Certes, les parties authentiques de ce bâtiment classé du XVIIIème siècle ont été conservées : la disposition de certaines pièces a été rétablie et les structures des murs, des planchers et de la charpente ont été assainies et renforcées. Mais, pour l’essentiel, la restauration est en fait une invention : la remise en place des boiseries, l’organisation des salles d’exposition et la plantation du jardin participent à la création d’un cadre évocateur apte à soutenir le travail de fond de l’Institut et Musée Voltaire. »


Et aujourd’hui ?

L’Institut et Musée Voltaire est aujourd’hui dirigé par François Jacob, conservateur, et reçoit le concours de Catherine Walser, bibliothécaire de secteur, de Flávio Borda d’Água, adjoint scientifique, de Mauro Scrignari, responsable de l’Espace polyvalent du Clos Voltaire et de Viorel Stanciu, huissier. L’année 2011 verra par ailleurs se succéder plusieurs collaborateurs temporaires : Mathilde Sommain, Pascalline Vah, Nicolas Morel, Gregor Chliamovitch et Lafko Heufemann.



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© IMV Genève 23.03.2011