![]() |
||||
![]() |
Qui Etait Ferdinand de Saussure ? La vie de Ferdinand de Saussure peut aisément se résumer en quelques faits marquants. Fils de Louise de Pourtalès et d’Henri de Saussure, il reçoit un double héritage intellectuel. Sa mère, « musicienne accomplie », fille du comte Alexandre de Pourtalès et sœur de militaires actifs pour le compte de la Prusse, lui transmet son amour de l’art, sa créativité, le désir de briller par sa noblesse et son courage. Son père, entomologiste, petits-fils d’Horace-Bénédict de Saussure, lui transmettra, de son côté, l’amour de la science et le désir de la découverte. Après un séjour de deux ans dans un internat à Hofwyl, près de Berne, Ferdinand poursuit un parcours scolaire genevois. Excellent élève, il est apprécié par ses maîtres et entretient de très bonnes relations avec ses camarades et amis. A la fin du Gymnase, il s’inscrit en Sciences à l’Université de Genève, se pliant ainsi au désir paternel, mais après avoir échoué l’examen de chimie, il obtient la permission d’étudier la linguistique. C’est à Leipzig, centre des études linguistiques à l’époque, qu’il écrit son Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes, livre qui lui valut une grande renommée de son vivant. En 1878, il se rend à Berlin où il prépare sa dissertation de doctorat en philologie, Du génitif absolu en sanscrit. Après ces quatre années passées en Allemagne, il va à Paris afin de poursuivre sa formation à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, mais quelques mois après son arrivée, Michel Bréal, un des fondateurs de l’Ecole, lui demande d’enseigner la grammaire comparée des langues germaniques. Il accomplira à Paris une belle carrière académique jusqu’en 1891, date où il démissionne de son poste à l’Ecole. Son enseignement aura profondément marqué les études linguistiques en France, puisque nombre de ses élèves deviendront des linguistes éminents. Pendant ce séjour parisien, il écrira également divers articles sur des étymologies et des points particuliers de grammaire comparée. Rentré à Genève, il épouse Marie Faesch en 1892 et devient père de trois garçons, Jacques, Raymond et André (ce dernier meurt encore nourrisson). Installé désormais en Suisse romande (Genève, Malagny et Vufflens), il enseigne la grammaire comparée des langues germaniques, du grec et du latin, ainsi que le sanscrit à l’Université de Genève, et durant les dernières années de sa vie il ajoute à ces matières un enseignement sur la linguistique générale. Il meurt au château de Vufflens le 22 février 1913. Voilà la vie plutôt simple du savant que le 20ème siècle a connu comme le fondateur de la linguistique générale, grâce à la publication, en 1916, du Cours de linguistique générale. Ce livre, qui n’est en fait qu’une compilation des notes d’étudiants ayant suivi les derniers cours de Saussure, rédigée et publiée par Charles Bally et Albert Sechehaye avec la collaboration d’Albert Riedlinger, a pourtant fait rayonner la pensée saussurienne hors du cadre des études linguistiques. Claude Lévy-Strauss, Jacques Lacan et Roland Barthes ont, par exemple, trouvé dans ce livre des fondements épistémologiques pour leur entreprise structuraliste. Or, un siècle d’études saussuriennes, dont les 30 dernières années essentiellement fondées sur l’analyse philologique des manuscrits conservés à la Bibliothèque de Genève, permettent actuellement d’avoir un accès direct à la pensée de ce savant et de mieux connaître l’homme, qui apparaît alors sous un jour différent, comme un être fascinant, et très attachant malgré son intelligence hors du commun. Notre exposition Concernant la vie et la pensée de Ferdinand de Saussure, la Bibliothèque de Genève possède un fonds de manuscrits unique au monde. Ce trésor, largement visité toute l’année par des chercheurs de tous les coins de la planète, a été complété en 1996 par un nouveau don de la famille de Saussure. Dans cette année d’anniversaire, la Bibliothèque de Genève, en collaboration avec le Cercle Ferdinand de Saussure, a tenu à faire profiter un public plus large de ce magnifique patrimoine genevois en réalisant une exposition virtuelle des manuscrits conservés. La visite de cette exposition permettra d’envisager de nombreuses facettes de la vie et de l’œuvre de ce fils de Genève qui, depuis sa modeste chaire de linguistique, non seulement révolutionna la pensée de son temps mais propose encore aux générations actuelles, grâce à la pérennité de l’écriture, une aide précieuse pour comprendre notre réalité humaine et langagière. L’exposition est organisée en modules. Chacun des modules ouvre à son tour sur plusieurs « thèmes » traités par les manuscrits. Elle marque cette année 2007, où l’on célèbre les 100 ans de la linguistique générale et les 150 ans de la naissance de Ferdinand de Saussure.
|
|||
| © BGE Genève et Claudia Mejía Quijano | 19.06.2007 | ||||