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Au début du siècle, Saussure s’est longuement intéressé aux légendes germaniques et en particulier au destin des figures de héros grecs en terre des Burgondes. Ces recherches historiques ont été menées avec la minutie et le zèle qui le caractérisaient. Voici un échantillon, pris dans la masse de manuscrits concernant ce sujet, où l’on peut lire des idées générales qui permettent de lier ces recherches historiques et les préoccupations de Saussure sur la nature du signe.
Ms fr. 3958.6.46 (à l’envers et la feuille à côté 45verso) (1)
Transcription
Dans les créations symboliques <qui sont toujours involontaires on doit donner une part au mot pur. Ainsi des expressions comme : c’est ouvrir la porte à l’ennemi, - l’homme malade de Constantinople, - ce fut un conflit où Louis perdit un bras et Frédéric une jambe, etc., etc. sont tellement naturelles qu’on ne les remarque pas ; et si ces choses, la porte ouverte, l’homme malade, le bras coupé, passaient ensuite dans la légende, on retrouverait leur sens à l’aide de l’histoire et on croirait qu’il y a symbole, alors que c’est simple erreur de transmission, sur des mots qui avaient leur sens tout direct au commencement.
Les créations symboliques existent, mais sont le produit de naturelles erreurs de transmission. |
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