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Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève


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Le mot du directeur

Dr Loizeau, Directeur Dr Pierre-André Loizeau,
Directeur

2017, année du bicentenaire

Les anniversaires sont autant d’occasions de dresser des bilans ou de réfléchir à son avenir. Ainsi le 175e anniversaire des CJBG, en 1992, permit de dessiner un tableau du devenir des Jardins botaniques. Dans l’exercice de synthèse finale, Vernon Heywood, alors président du BGCI, annonçait la signature prochaine de la Convention sur la Diversité Biologique, et la nécessité pour les Jardins botaniques de se positionner par rapport à ces nouveaux objectifs, notamment en termes de conservation in situ et ex situ. Face à la transformation du paysage par l’Homme, il prédisait qu’«à l’avenir, la conservation ne se fera plus dans des zones protégées au sens formel». Bien qu’il pensât que les réintroductions d’espèces ne seraient qu’un pis-aller, il affirmait pourtant que «les jardins botaniques ont un rôle important à jouer dans les essais de réintroduction d’espèces, et dans la restauration, la conservation et l’aménagement d’habitats, ceci représentant leur part à l’adoption d’une stratégie intégrée de la conservation de la biodiversité». Il érigeait en principe la nécessité de collaborer entre Jardins botaniques. Concernant la relation avec le public, il parlait d’un «remodelage complet» des Jardins botaniques, afin qu’ils puissent lui offrir des «loisirs et des valeurs spirituelles».

Augustin-Pyramus de Candolle, en fondant le Jardin botanique en 1817, poursuit trois buts: enseigner, rechercher, acclimater. C’est ce que vont faire tous ses successeurs, avec plus ou moins de bonheur. Du côté des collections, elles croissent rapidement, puisqu’en l’espace de 200 ans, elles ne vont cesser d’intégrer les CJBG pour atteindre ce jour une estimation d’environ 6 millions d’échantillons pour l’herbier et l’une des bibliothèques les plus complètes au monde en botanique systématique. La qualité de la recherche effectuée à Genève associée à une stabilité politique, des conditions de conservation remarquables et l’assurance que ces collections seront toujours disponibles pour la recherche vont favoriser ces apports.

C’est sous l’impulsion de Gilbert Bocquet dans les années quatre-vingt que l’ouverture au public se fera de manière irréversible, notamment avec ses fameuses «Promenades botaniques». Rodolphe Spichiger va maintenir cet effort, tout en poursuivant la recherche par le lancement de programmes d’envergure comme la Flore du Paraguay ou l’introduction de la biologie moléculaire au sein de l’institution. Il va par ailleurs développer un programme de soutien de Jardins botaniques dans le Sud.

En l’espace de ces 25 ans, depuis le 175e, la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) a été signée. La Stratégie pour la Conservation des Plantes a été adoptée par la CDB, comme le Protocole de Nagoya qui régule mais complexifie l’accès aux ressources naturelles, tout en rendant leur exploitation plus équitable. La Stratégie Biodiversité Suisse a été adoptée par la Confédération, instituant la nécessité de considérer la biodiversité partout sur Terre, et pas seulement dans des réserves. Des Listes Rouges inventorient les menaces. La prise de conscience sur la perte de biodiversité est devenue générale.

Bien des questions de société peuvent trouver des éléments de réponse dans la recherche qui est poursuivie dans les Jardins botaniques. Par ailleurs, les missions qui leur sont attribuées se sont considérablement amplifiées, impliquant des choix parfois douloureux, et comme le constatait déjà R. Spichiger, «concurrentiels entre eux». A la recherche et à l’enseignement de type universitaire des débuts et face aux menaces qui pèsent sur l’environnement nécessitant de s’adresser plus activement à des publics différents – citoyens et décideurs – se sont ajoutés des enseignements multiples, la présentation d’expositions temporaires, la conduite de visites, l’extension de la recherche de type systématique à de nouveaux domaines comme la floristique, la biologie moléculaire, ou la cartographie des types de milieux, mais encore la gestion informatique des collections, la conservation in situ et ex situ des espèces menacées, la rédaction de plans de gestion, les banques de graines, la coopération avec le Sud, la visibilité sur internet, le partage des données, etc.

Idéalement, les Conservatoires et les Jardins botaniques de Genève intègrent des processus complets qui vont de la découverte de nouvelles espèces sur le terrain, leur étude et leur conservation, leur classification et leurs relations avec leur environnement, la transmission de cette connaissance à différents publics, leur protection, et le soutien à d’autres Jardins botaniques. Cette très grande diversité d’activités démontre l’importance des Jardins botaniques pour de nombreuses questions relatives à la connaissance et la protection de la diversité végétale. C’est à la fois un défi, mais aussi une grande chance. Ainsi, on retrouve dans une seule institution les réponses à de nombreuses questions environnementales et les moyens pour diriger des actions de protection.

Toutes ces activités ne sont possibles que dans le cadre de collaborations avec d’autres institutions. Les dimensions de chacune des institutions ne permettent à aucune d’être efficace seule. Mais les plus de 3 000 Jardins botaniques du monde entier, accueillant annuellement plus de 300 millions de visiteurs, ont la possibilité de parler d’une seule voix. En collaborant, en partageant les données et les moyens autour des questions de notre époque, ils mettent à disposition les données fondamentales sur notre environnement. Ils doivent être soutenus. Le futur de notre espèce n’existera que si nous prenons conscience, comme l’annonce la Stratégie Mondiale pour la Conservation des Plantes adoptée par la Convention sur la Diversité Biologique, que «sans plante, il n’y a pas de vie. Le fonctionnement de la planète, et notre survie, dépend des plantes.»

Dr Pierre-André Loizeau
Directeur des CJBG

(Extraits de l'éditorial publié dans la Feuille Verte n°47, célébration du bicentenaire 1817-2017)