Ramonda myconi (L.) Rchb.
Ramonda myconi

Famille
Gesneriaceae

Nom vernaculaire
En français: : Ramonda, ramonde de Micó, ramonde des Pyrénées.
En espagnol : Oreja de oso (= "oreille d’ours"), hierba tosera.
En anglais: Pyrenean violet, rosette mullein.

Aire géographique
Endémique des Pyrénées centrales et orientales, ainsi que de Catalogne. La plante prospère en basse et moyenne montagne, jusque vers 1800 m, dans les fissures de rochers généralement ombragés, le plus souvent calcaires.

Description
Plantes vivaces, de 5 à 20 cm de haut, formant une rosette de feuilles largement ovales à pétiole court et limbe crénelé, gaufré et poilu, d’où l’un des noms espagnols : oreja de oso (= "oreille d’ours"). Les hampes florales portent jusqu’à cinq fleurs violettes, larges de 2 à 3 cm. La corolle, à tube très court, est constituée de cinq pétales étalés en roue, un peu inégaux, munis à leur base d’une touffe de poils orangés. Les cinq étamines sont jaune-orangé et se rapprochent les unes des autres, les anthères restant libres et étant au moins aussi longues que les filets. Au Jardin botanique de Genève, l’espèce fleurit généralement au cours des trois premières semaines de mai.

Ce sont des plantes capables de reviviscence (capacité à se déshydrater fortement en période de sécheresse, pour se réhydrater lors des prochaines pluies). De ce fait, elles sont bien adaptées aux changements climatiques, ce qui leur a permis de résister aux vicissitudes durant de nombreux millions d’années.

Histoire et usages
Cette espèce est l’une des cinq Gesnériacées européennes, une grande famille tropicale qui fut également bien répandue en Europe avant les glaciations. La ramonda compte parmi les meilleurs exemples de reliques thermophiles du Tertiaire.

Le genre Ramonda est dédié à l’homme politique, géologue et botaniste français Louis Ramond (1755-1827), l’un des premiers explorateurs de la haute montagne pyrénéenne. L’espèce R. myconi est dédiée à l’apothicaire et botaniste catalan Francisco Micó (1528-1592, latinisé Franciscus Myconus), qui fut le premier à découvrir cette plante et la signaler au naturaliste français Jacques Daléchamps (1513-1588), qui la décrit en 1587. C’est la première mention d’une Gesnériacée dans l’histoire des sciences !

L’apothicaire F. Micó recommandait la ramonda comme remède contre la toux, d’où l’un de ses noms espagnols : hierba tosera. Aujourd’hui, l’espèce n’a plus guère d’usage médicinal, mais on l’apprécie comme plante ornementale sur les rocailles humides et ombragées.

Emplacement au jardin
Massif "Pyrénées 1" des rocailles et murs de tuf près des serres.

Ramonda myconi

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