Géographie

En pleine Mer Méditerranée, la Corse est une île de 8743 km2 avec plus de 1000 km de côtes. Elle est située à 160 km de la côte continentale Française (Nice), 82 km de l'Italie (Piombino) et 12 km de la Sardaigne.

Ses coordonnées vont de 43°01'N (Ile de la Giraglia) à 41°20'N (Ile Lavezzi) et de 8°38'E (Ile de Gargalu) à 9°34' (Tour d'Alesani). Elle mesure environ 180 km du nord au sud et 83 km d'ouest en est.

La Corse est isolée du continent depuis 4 millions d'années au moins.

Conséquences biogéographiques:

=> de nombreuses espèces n'ont jamais atteint l'île;

=> de nombreux taxons se sont formés sur place ou ont été conservés (haut taux d'endémisme).


Relief

Malgré son caractère insulaire, la Corse est avant tout un ensemble montagneux formé de 8 massifs dont 4 dépassent 2000 m d'altitude. Le plus haut sommet (2710 m au Cintu) est à seulement 20 km de la mer!


Du nord au sud, les huits massifs sont les suivants:


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- Le Cap Corse: essentiellement schisteux, il culmine au Monte Stello (1305 m).
 - Le massif de Tenda: schisteux dans la partie orientale et granitique dans sa partie occidentale, il culmine au Monte Asto (1533 m).
- Le massif du San Petrone: schisteux dans sa majeure partie, il présente quelques zones granitiques et calcaires. Il culmine au Monte San Petrone (1766 m).
- Le massif du Cinto: formé en grande partie de rhyolithes, son relief est très accidenté et comprend le plus haut sommet de l'île (Monte Cinto à 2710 m) ainsi que plusieurs sommets dépassant 2500 m.
- Le massif du Rotondo: constitué de granit, son relief est accidenté et comporte de nombreux lacs d'origine glaciaire. Son plus haut sommet, le Monte Rotondo, atteint 2625 m.

 
Haute vallée de la Restonica (massif Rotondo)

- Le massif du Renoso: un peu moins hardi que les 2 précédents, il est essentiellement granitique et culmine au Monte Renoso (2357 m).
- Le massif d'Incudine-Bavella: en majorité granitique, il comprend aussi un affleurement calcaire isolé: la Punta di Fornello. Son relief, tantôt doux (Coscione), tantôt déchiqueté (Aiguilles de Bavella), culmine à l'Incudine (2136 m).
- Le massif d'Ospedale: au relief peu accusé, il culmine au Monte Calvo (1381 m).
- Le massif de Cagna: granitique, parfois formé d'énormes blocs arrondis spectaculaires (Uomo di Cagna), il culmine à la Punta d'Ovace (1339 m).

Conséquences: 

=> Ce relief permet une grande diversité de milieux et un étagement important de la végétation;
=> L'altitude élevée retient l'humidité et provoque d'abondantes précipitations sur les hauts sommets, avec pour conséquence la présence de nombreux fleuves, de petits lacs d'altitude et une eau toujours abondante. Les milieux humides sont abondants, riches en espèces et souvent originaux (pozzines).

 

Géologie

Bien que le territoire soit petit, sa géologie est très diversifiée et complexe avec des roches de différentes natures (schistes, granites, calcaires, roches volcaniques, etc.). En effet, d'un point de vue géologique, la Corse est issue de la juxtaposition de deux blocs, d'une part au nord-est un prolongement alpin des Alpes occidentales, d'autre part au sud-ouest un morceau du socle granitique ancien. Ces 2 blocs sont clairement séparés par ce que l'on appelle le "sillon central" d'axe NNW-SSE, entre la Balagne au nord et la région de Solenzara au sud, en passant par la région de Corte, au centre.

On distingue donc classiquement 2 régions d'inégale étendue: la zone cristalline (Corse occidentale, hercynienne ou ancienne) et la zone schisteuse (Corse orientale ou alpine), séparées par la dépression centrale constituée de terrains sédimentaires.
- La Corse dite " cristalline " est essentiellement formée de granites, mais également de gneiss et de rhyolites (roches volcaniques présentes surtout dans le massif du Cintu). Elle comprend les principaux reliefs, souvent très hardis. Ceux ci sont formés de 5 massifs s'alignant du nord-ouest au sud-est, avec les massifs les plus élevés au nord. On trouve ainsi successivement le massif du Cintu (2710 m), le massif de Rotondu (2625 m), le massif de Renosu (2357 m), l'ensemble Incudine-Bavella (2136 m et 1900 m), enfin l'ensemble d'Ospedale-Cagna (1381 m et 1338 m).
- La Corse dite " alpine " est essentiellement formée de schistes lustrés avec des intrusions de gabbros et de serpentines. Son relief est plus adouci, moins élevé et abrupt, que celui de la Corse cristalline. Elle est formée de 3 massifs distincts: le Cap Corse au nord, culminant au Monte Stellu à 1307 m, le massif de Tenda (au sud de Saint-Florent) culminant à 1533 m au Monte Asto, et enfin au sud-est de ce dernier, le Monte Sant Petrone culminant à 1766 m.
- Le " sillon central " est largement formé de conglomérats de grès et d'autres roches sédimentaires secondaires et tertiaires. Son altitude ne dépasse pas 600 m.
En marge de ces 3 grandes zones, on rencontre à l'est la Plaine orientale formée essentiellement d'alluvions fluviatiles quaternaires, et, en plusieurs endroits, divers massifs calcaires dispersés. Ces calcaires, particulièrement intéressants à cause de la flore qu'ils recèlent, apparaissent:
- au nord dans la région de Saint-Florent (355 m au Monte San Angelo),
- au centre, le long du sillon central en une série d'affleurements dont les plus connus sont le Monte a Supietra (654 m) et les falaises de la chapelle Sant'Angelo (1190 m),
- au sud, à la Punta di u Fornellu, où ils forment une toute petite zone calcaire mais d'un grand intérêt car c'est la plus élevée de l'île (1899 m),
- à l'extrême sud dans la région de Bonifacio (env. 100 m).

Conséquences:

=> La flore corse est essentiellement acidophile. Mais suite à la présence des quelques calcaires, une flore calciphile est également présente, souvent restreinte à quelques rares stations.

Climat

En relation avec le relief, le climat est également très diversifié, sec (moins de 700 mm de pluie) à basse altitude (climat méditerranéen), humide (2000 mm) et froid à haute altitude (climat alpin).
De fait, si les parties basses de l'île sont marquées climatiquement par un creux estival important des précipitations, caractéristique du climat " méditerranéen ", ce creux disparaît quand on passe du littoral aux hauts sommets, et des variations importantes de température et de précipitations apparaissent. On reconnaîtra donc, à la suite de Simi, trois climats:

- un climat méditerranéen doux et humide, de 0 à 600 m d'altitude, avec des précipitations généralement inférieures à 800 mm et une saison sèche prononcée en été, 
- un climat méditerranéen d'altitude (600-1200 m), avec quelque 800 à 1200 mm de pluie et une saison sèche estivale encore marquée, 
- un climat à tonalité alpine au-dessus de 1200 m d'altitude, avec plus de 1200 mm (et au moins jusqu'à 1850 mm) de précipitations (en particulier sous forme de neige) et des hivers rigoureux. 

Etages de végétation

Le climat, le relief de l'île ainsi que les divers régimes de vent se conjuguent pour former des étages de végétation qui correspondent à la juxtaposition de deux systèmes d'étagement, le système méditerranéen et le système eurosibérien. Les étages de basse altitude seront de type méditerranéen, les supérieurs de type eurosibérien, alors qu'entre deux, on rencontrera, selon l'exposition, soit l'un des types soit l'autre. Ainsi du littoral aux plus hauts sommets, nous reconnaîtrons à la suite de Gamisans (1991):

- un étage thermoméditerranéen (1-100 m), particulièrement chaud (temp. moyenne >16°) et caractérisé en Corse essentiellement par l'oléastre (Olea europea), Euphorbia dendroides, Prasium majus, Asparagus albus et Clematis cirrhosa; cet étage couvre des surfaces réduites, principalement un liseré côtier, interrompu par endroit et dépassant rarement 100 m d'altitude;
- un étage mésoméditerranéen (1-700(-900) m), chaud (temp. moy.: 12-16°C), caractérisé essentiellement par le Chêne vert et les maquis à bruyères (Erica arborea, E. scoparia) et arbousier, mais aussi par le pin mésogéen, le chêne pubescent, le châtaignier, les fruticées basses à Lavandula stoechas, Genista corsica, Teucrium marum... et des cistaies (Cistus monspeliensis, C. salviifolius et C. creticus);

 

  Le maquis en avril

- un étage supraméditerranéen (500-1000 m aux ubacs et 800-1350 m aux adrets), assez chaud (temp. moy.: 10-13°C), caractérisé par des forêts essentiellement caducifoliées (Quercus petraea, Q. pubescens, Tilia cordata, Populus tremula, Betula pendula), par l'apparition du pin laricio, du thym corse et surtout par la disparition de l'arbousier, du ciste de Montpellier, de la lavande...; 
- un étage montagnard (1000-1600 m aux ubacs et 1350-1800 m aux adrets), doux (temp. moy.: 7-10°C) et à hiver déjà froid, qui montre deux faciès, l'un plutôt méditerranéen, l'autre plutôt eurosibérien; cet étage est caractérisé en premier lieu par la disparition des chênes vert et pubescent, du pin mésogéen, du châtaignier et des bruyères (Erica arborea et E. scoparia) et par l'importance des groupements forestiers tels que les hêtraies et les sapinières (variante eurosibérienne essentiellement aux ubacs), les forêts de pin laricio (variante méditerranéenne essentiellement aux adrets) ainsi que les bosquets d'if et de houx et diverses formations de dégradation; 
- un étage oroméditerranéen (1800-2200 m) à climat rigoureux (temp. moy.: 3-7°C, avec 1400-2000 mm de précipitation mais une sécheresse estivale marquée), localisé seulement aux adrets et sur les arêtes; il est caractérisé par la disparition des derniers laricios et la présence de fruticées naines à Juniperus nana, Berberis aetnensis, Anthyllis hermanniae, Genista salzmannii et l'apparition d'Armeria multiceps, Bellardiochloa variegata et Paronychia polygonifolia; 
- un étage subalpin (1600-2100 m) à climat rigoureux (temp. moy.: 3-7°C, avec 1400-2000 mm de précipitation comme dans l'oroméditerranéen mais sans sécheresse estivale marquée), localisé exclusivement aux ubacs; il est caractérisé par la disparition du hêtre et du pin laricio et par la présence massive de formations à Alnus alnobetula subsp. odorata;
- un étage alpin (dès 2100 m aux ubacs ou dès 2200 m aux adrets jusqu'aux plus hauts sommets) à climat particulièrement froid (temp. moy.: -3 à 1°C) et humide (env. 2000 mm), caractérisé, comme dans les Alpes, par la disparition des fruticées et la présence de pelouses plus ou moins ouvertes et de formations particulières d'éboulis et de rochers; cet étage est limité aux quelques massifs suffisamment hauts, à savoir les Cintu, Rotondu et Renosu. 

En dehors de ces étages, on distinguera le littoral dont la végétation est fortement influencée par les embruns, avec ses formations particulières de plage ou de côte rocheuse, ainsi que les bords de cours d'eau et des plans d'eau qui échappent en partie aux conditions générales des étages de végétation, notamment à la sécheresse estivale, et forment ainsi des formations particulières, notamment des ripisilves ou d'autres types de groupements.

Une biodiversité étonnante

Malgré sa petitesse et son isolement, la Corse présente une biodiversité végétale étonnante. Cette biodiversité peut se mesurer en nombre d'espèces (alpha diversité) mais également en termes d'endémisme, de richesse des habitats, etc.

  Pelouse sur calcaire à Bonifacio


  • Diversité des espèces (alpha diversité)
 => 2781 taxons soit: 2397 espèces, 474 sous-espèces, 176 variétés et 3 formes.
Ces chiffres sont issus du dernier recensement (Flora Corsica, 2007). Ils affinent et complètent les recensements précédents (Gamisans & Jeanmonod, 1993 & 1995). En effet, l'exploration régulière de la flore de Corse révèlent chaque année de nouveaux taxons, méconnus auparavant ou fraîchement arrivés. 
  • Diversité des habitats 
Bien qu'aucun décompte exact des associations végétales présentes dans l'île ait été fait, un magnifique travail de synthèse de la végétation existe (Gamisans 1991) et montre la richesse des communautés végétales corses. Par ailleurs, une série de travaux synthétiques permettent de donner quelques chiffres. Ainsi Gamisans (1975) cite 70 associations et sous-associations décrites des montagnes de Corse, ce qui implique un plus grand nombre encore d'associations présentes. Pour le littoral, Géhu & Biondi (1994) citent 73 associations. Chaque année de nouvelles associations sont décrites (on notera 58 associations décrites pour la Corse entre 1989 et 1997, essentiellement par l'équipe de Paradis, mais aussi par Géhu et Gamisans). Cela indique bien l'extrême diversité d'habitats que l'on rencontre, due notamment au relief particulièrement développé et contrasté de l'île.
  • Endémisme 
De par son isolement ancien, la Corse montre un taux d'endémisme particulièrement élevé compte tenu de sa surface. Ce taux varie selon les auteurs et les ouvrages, car il dépend de ce que l'on considère. Le taux d'endémicité pur (Corse stricte) n'est que relativement peu élevé, par rapport au taux de subendémicité, qui est celui généralement admis et qui inclut les territoires voisins comme la Sardaigne. 

Type d'endémique Nombre % total indig. % total flore
Endémiques strictes 146 6,3 % 5,2 %
Subendémiques 170  7,3 % 6,1 %
Total 316 13,6 %   11,3 %

On trouvera une analyse plus détaillée de cet endémisme, notamment son spectre de types biogéographiques et sa distribution dans les étages de végétation dans Gamisans & Jeanmonod (1993) et une mise-à-jour dans un article à paraître en 2009.

 Morisie (Morisia monanthos):
endémique cyrno-sarde
 Linaire à feuilles d'hépatique (Cymbalaria hepaticifolia):
endémique corse

Au niveau des syntaxons, le taux d'endémicité paraît particulièrement élevé puisque, sur le littoral, on trouve 36 associations et sous-associations endémiques sur 73, soit 49,3% (d'après Géhu & Biondi 1994). Ce synendémisme procède souvent de phénomène de géovicariance particulièrement développé dans les zones littorales (Géhu 1995). Mais le même phénomène existe, de façon encore plus marquée, au niveau des massifs montagneux isolés comme ceux de Corse et là aussi le taux de synendémisme est élevé (> 70 syntaxons endémiques) et atteint probablement plus de 80% selon les données issues de Gamisans (1975).

  • Les espèces clés de voûte 
Elles sont nombreuses dans l'île. Les plus originales sont sans doute le pin laricio et l'aulne odorant qui y sont de surcroît endémiques, mais on y rencontre aussi des espèces particulièrement intéressantes comme Juniperus macrocarpa, Juniperus thurifera, Taxus baccata, etc. Ces taxons ne sont pas fréquents sur les autres îles de la Méditerranée et pas nécessairement non plus sur le continent. 
  • Les espèces informatives 
Plusieurs espèces présentes dans l'île sont particulièrement riches en information. Ce sont celles qui permettent de mieux appréhender l'histoire ou l'évolution d'une flore, qui sont des témoins de certains aspects. Citons quelques exemples: 
- Scirpus hudsonianus, Listera ovata et Trientalis europaea sont les témoins d'une époque glaciaire froide et n'ont pu se maintenir que dans la vallée de l'Asco qui présente encore les conditions de survie adéquates.
- Juniperus thurifera est le témoin d'une époque à climat plus continental et ne trouve en Corse qu'une petite zone suffisamment abritée pour y survivre.
- La Corse représente la limite méridionale de l'aire d'espèces alpines ou subalpines comme: Huperzia selago, Listera cordata, Scirpus hudsonianus, Sibbaldia procumbens, Veronica alpina, Veronica fruticans, etc. 
- La Corse est la limite septentrionale pour: Ambrosina bassii, Clematis cirrhosa, Cosentinia vellea, Gennaria diphylla, Hedysarum spinosissimum, Plantago humilis, Prasium majus, Rouya polygama, Scirpus pseudosetaceus, Woodwardia radicans, etc. 
- La Corse est la limite occidentale pour Periploca graeca, Acer obtusatum, Cardamine graeca, Eryngium pusillum et Antinoria insularis par exemple.
- Pour plus de 25 taxons non endémiques, la Corse est le seul territoire français où ils sont présents: il s'agit notamment de Gynandriris sisyrinchium, Eryngium pusillum, Kosteletzkya pentacarpos, Lens ervoides, Woodwardia radicans, Wahlenbergia lobelioides, Antinoria insularis, Ipomaea sagittata, Parapholis marginata, etc. 

Conservation et gestion de la biodiversité

Une telle richesse de la biodiversité mérite conservation. Celle-ci a pris au cours du temps plusieurs aspects. Elle passe par la mise en évidence des zones particulièrement intéressantes, par la protection, à des degrés divers, de ces zones, par la protection des éléments les plus intéressants, par la mise en place de plans de gestion des milieux. Parmi ces éléments citons:

- Le Parc Naturel Régional de Corse, créé en 1972 et couvrant env. 332'500 ha.
- Une réserve de biosphère (MAB UNESCO): Fango. 
- Cinq réserves naturelles (Finocchiarola, Biguglia, Scandola, Lavezzi, Cerbicales), dont l'une (Scandola) est un site du Patrimoine Naturel Mondial. 
- Les zones d'Intérêts Faunistiques et Floristiques (230 zones selon le recensement de 1990). 
- Les terrains acquis par le Conservatoire du Littoral (45 terrains, env. 11'000 ha). 

Par ailleurs, la mise en évidence des taxons à protéger a donné lieu à diverses listes dont on peut citer:
- la Liste rouge de l'UICN  
- la liste des espèces protégées par les arrêtés ministériels (175 taxons: Muracciole & Olivier 1991),
- la liste des espèces rares, la liste des espèces prioritaires (435 taxons: voir Guyot & Muracciole 1995),
- la liste des espèces phares (rares et présentes dans des habitats prioritaires),
- le Livre rouge de la flore menacée de France (Olivier & al. 1995) dont 121 taxons concernent la Corse, 
- le Top50 des espèces insulaires méditerranéennes (Groupe des Spécialistes pour les Iles Méditerranéennes) qui comprend 4 espèces corses.

Enfin, plusieurs programmes de conservation in situ et ex situ ont été menés ces dernières années. Voir sous
Conservation, protection et gestion.



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