Depuis son lancement, le Projet Flore Corse a cherché à stimuler l'exploration de l'île, a publier les données enfouies dans les herbiers ou connues seulement dans un cercle restreint d'amateurs, à synthétiser l'état des connaissances actuelles de la flore et à suivre son évolution.

- Dans cette optique les Conservatoire et Jardin botaniques de Genève ont lancé une série intitulée "Notes et Contributions à la Flore de Corse", publiée dans notre revue Candollea et rassemblant annuellement les résultats des diverses explorations et études des partenaires du Projet Flore Corse. 
- En marge de ces résultats, l'observation attentive de l'évolution de la flore de l'île a montré la place grandissante prise par les xénophytes, c'est-à-dire les espèces étrangères introduites accidentellement ou volontairement dans l'île. Une étude a été entreprise pour tenter de cerner le phénomène et analyser le danger qu'il peut représenter pour la flore indigène. Il s'agit de l'étude de "La flore des plantes introduites".  


Notes et contributions à la Flore de Corse

Structure
La série des "Notes et contributions à la flore de Corse" paraît dans Candollea. Elle est mise à disposition des collaborateurs réguliers ou occasionnels du projet "Flore Corse" pour la publication de nouveautés taxonomiques, nomenclaturales, floristiques, chorologiques ou bibliographiques (voir D. JEANMONOD & al., Candollea 41: 1-61, 1986). Comme son titre l'indique, elle est ouverte à deux types de sujets.

a) Des notes floristiques ou nomenclaturales. Les notes envoyées par les divers auteurs sont rassemblées par le comité d'édition selon la séquence Thallobionta, Bryophyta, Pteridophyta, Pinophyta (Gymnospermae), Liliopsida (Monocotyledones) et Magnoliopsida (Dicotyledones). À l'intérieur de ces divisions sera appliqué l'ordre alphabétique des familles, des genres puis des espèces. Leur contenu reste toutefois sous la responsabilité de leur(s) auteur(s). 

Des échantillons d'herbier témoins ou d'autres documents comparables (photos ou diapositives pour les Orchidaceae par exemple) doivent en principe correspondre à toute donnée floristique publiée dans cette série; leur localisation sera soigneusement précisée. Pour un taxon donné, les diverses localités seront citées selon l'ordre géographique ouest-est puis nord-sud. Ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'il pourra être fait référence à de simples observations.
 
b) Des contributions. Elles comprennent des mises au point, des révisions partielles, des notes bibliographiques ou toute autre note qui n'entre pas dans le cadre précédent et qui est trop courte pour être considérée comme article indépendant. Ces contributions portent un en-tête avec une numérotation, le nom du ou des auteurs et un titre. Elles peuvent donc être citées dans une référence bibliographique directement sous le nom de leur(s) auteur(s). Elles apparaissent d'ailleurs de cette façon dans la table des matières de Candollea. 


Ces notes et contributions pourront parfois être précédées de communications de la part du Comité scientifique du projet "Flore Corse", des éditeurs ou plus généralement du secrétaire général (annonces, problèmes généraux, avancement du projet, etc.).

Les projets de notes ou de contributions doivent parvenir aux éditeurs avant fin janvier; si elles sont retenues par le comité d'édition, elles paraîtront dans les 2 ans dans la revue Candollea.

Les stations publiées dans les notes sont originales. Elle ne concernent que des espèces rares sur l'île (connues de moins de 10 stations) ou occasionnellement des espèces peu fréquentes dont la nouvelle station modifie les connaissances que l'on en avait (extension notable de l'aire, des étages de végétations, de l'altitude, etc.). L'originalité et l'intérêt scientifique des nouvelles stations publiées est mis en exergue.

Articles publiés
De 1986 à 2008, 22 articles ont été publiés, totalisant: 39 contributions et 2108 notes.

Résultats succincts
Les notes publiées ont mis en évidence la présence de nombreuses nouvelles espèces dans l'île. Elles ont permis de compléter les connaissances de très nombreuses espèces rares ou très rares, permettant ainsi de mettre en évidence les zones particulièrement riches et intéressantes de l'île. Elles ont ainsi servi à une meilleure protection et gestion des espaces naturels de Corse. Ces notes ont également mis en évidence l'arrivée massive et le développement d'espèces étrangères (xénophytes). Ces données permettent de suivre, année après année, l'évolution de cette flore et d'en tirer les conséquences pour une meilleure gestion de la biodiversité.

Les taxons nouveaux pour la science décrits dans le cadre du projet:
Anthemis arvensis subsp. glabra (Rouy) Jeanm., Carduus xcyrneus Schlüssel & Jeanm., Chaenorrhinum minus (L.) Lange subsp. pseudorubrifoliumm Gamisans, Lamium xconradiae Bosc, Orobanche cyrnea Janm. & al., Ranunculus sylviae Gamisans, Saxifraga xconradiae J. Prudhomme, Scrophularia canina var. deschatresii Gamisans, Scrophularia trifoliata var. integrifolia Gamisans, Senecio serpentinicola Jeanm., Stachys aimericii Gamisans, Thymelaea xconradiae Aboucaya & Médail, Valerianella eriocarp var. intermedia M.-A. Thiébaud, Valerianella microcarpa var. glabra M.-A. Thiébaud, Verbascum conocarpum subsp. conradiae Jeanm.

Quelques-unes des nouvelles espèces signalées dans l'île:
Astragalus alopecurus, Utricularia australis, Daphne alpina, Cynomorium coccineum, Glinus lotoides, Rhamnus cathartica, Diphasiastrum alpinum, Liparis loeselii, Corallorhiza trifida, Elatine brochonii, etc.


=> Liste détaillée des Notes et contributions à la flore de Corse

 

La flore des plantes introduites

L'étude détaillée de la flore de la Corse nous a fait constater l'apparition et l'expansion de nombreuses espèces étrangères à l'île, durant ces dernières années. Cela nous a conduit à entreprendre une étude exhaustive et très complète de ces plantes supposées introduites. Il devenait en effet primordial d'essayer de mesurer le phénomène qui nous paraissait a priori important, mais trop souvent appréhendé qu'au travers d'une ou 2 espèces spectaculaires.
On prend en effet conscience, un peu partout dans le monde, du problème et de la menace potentielle ou réelle que représente l'introduction de certaines espèces, végétales ou animales. Ces plantes deviennent parfois envahissantes au point de devenir des pestes, de menacer la végétation indigène, de menacer certaines activités économiques et de coûter très cher à la communauté. Que l'on nomme ces espèces " exotiques ", " introduites " ou encore " xénophytes " ou " anthropochores " selon la terminologie que l'on voudra choisir, il s'agit d'espèces introduites par l'homme, que ce soit volontairement ou non, et qui se rencontrent à l'état sauvage dans notre nature.
En Corse, le phénomène d'introduction s'est révélé beaucoup plus important qu'il ne paraissait de prime abord. Il est loin d'être négligeable et représente déjà une menace pour la végétation indigène ainsi qu'un problème pour la gestion des espaces naturels.

La problématique:
Quels sont ces espèces introduites, d'où viennent-elles, comment arrivent-elles? Depuis quand? Présentent-elles vraiment un danger? Toutes? Lesquelles? Pourquoi?

Les données étudiées:
Pour chaque espèce soupçonnée d'être introduite, nous avons rassemblé toutes les informations parues dans la littérature et cherché:

- La 1ère signalisation dans l'île puis la liste de toutes les stations avec la date de signalisation. 

Carte des voies de pénétration des xénophytes, en proportion avec le nombre d'espèces introduites
- Le milieu d'implantation et le ou les étages de végétations touchés. 
- La fréquence et le dynamisme de la plante. 
- Le type de plante et son degré de naturalisation. 
- L'origine de la plante et son mode d'introduction dans l'île. 
 

Quelques résultats:

Progression du nombre d'espèces introduites depuis 1750

 

Les milieux les plus sensibles:

=> Les zones humides (mares, marais, étangs).
=>
Le littoral sableux ou rocheux.

Les espèces les plus dangereuses:


La "Griffe de sorcière" (Carpobrotus edulis),
envahissante et destructrice redoutable


L'étude complète:

=>
On trouvera d'autres informations et les résultats détaillés de l'étude dans Natali & Jeanmonod (1996) Flore analytique des plantes introduites en Corse.



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de la Ville de Genève