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FABIENNE WYLER
Genève, 1962
Fabienne Wyler effectue des
études supérieures au Conservatoire de musique
de Genève et obtient des certificats de piano,
d’harmonie, de contrepoint, d’orchestration
et de composition. Elle se perfectionne à l’Institut
für Neue Musik de Fribourg-en-Brisgau en composition,
ainsi qu’à Sienne, auprès du compositeur
italien Franco Donatoni. En 1988, lors d’un séjour
à Munich, Fabienne Wyler découvre la peinture
de Klee, de Mondrian, de Kandinsky, qui sera essentielle
dans l’évolution de sa propre recherche,
plus tardive, dans le domaine de la peinture. Elle découvre
également ces mêmes peintres par le biais
des compositeurs viennois, Schönberg, Berg, Webern,
ainsi que les liens entre musique et peinture, l’importance
de la date de 1910, passage à l’atonalité
pour les musiciens de l’école de Vienne et
à l’abstraction pour les peintres de l’école
du Bauhaus, comme en témoignent les liens entre
Schönberg/Kandinsky, Klee/Webern. L’étude
de ces relations passionne Fabienne Wyler. En 1992, elle
rencontre le compositeur hongrois György Ligeti à
Hambourg avec lequel elle pratique la composition et c’est
en 1993 qu’elle commence à dessiner puis
à peindre. La collaboration avec Ligeti durera
onze ans.
La peinture de Fabienne Wyler se situe dans la suite logique
du courant de l’abstraction géométrique
du début du XXe siècle. Ses influences décisives
sont la peinture japonaise de l’époque Heian
(XIe et XIIe siècle), les gravures de M. C. Escher,
la musique pour clavier de György Ligeti, une composition
pour clarinette de Pierre Boulez, Dialogue de l’ombre
double, l’Art de la fugue de J. S. Bach, et
la science moderne : la théorie des « fractales
», élaborée par le mathématicien
Benoît Mandelbrot, et la théorie du «
Chaos déterministe », dont s’inspirent
les titres des tableaux. Quant aux Polyrythmies,
elles sont en fait le fil conducteur de la démarche
picturale de Fabienne Wyler. Presque toutes ses œuvres
sont des polyrythmies, c’est-à-dire, en musique,
des rythmes superposés, comme des polyphonies,
superpositions de plusieurs voix jouées ensemble.
Dans sa peinture, Fabienne Wyler crée des «
modules » qu’elle superpose les uns aux autres.
Ses dernières Polyrythmies, y compris
les Chaos, ont été récemment
influencées par les polyphonies et les chants des
pygmées Aka, en Centrafrique. Fabienne Wyler recherche
du spirituel dans l’art.
Parmi les expositions déjà réalisées,
celle, personnelle, que Fabienne Wyler a préférée
a eu lieu à la salle Patino, à Genève,
dans le cadre du festival de musique Archipel en 1996,
en présence de Ligeti (compositeur, conférencier),
de B. Mandelbrot (mathématicien), de P.-L. Aimard
(pianiste) et de Simha Arom (ethnomusicologue).
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Polyrythmie verticale XXI, juillet
2003
Gouache, encre de Chine et crayons de couleur sur papier,
55 × 40,5 cm
© Photo, Genève, Manuel Torralbo |
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