Manuele Fior - Mademoiselle Else
L’histoire se déroule dans les années 1920. Else est une jeune femme issue de la bourgeoisie viennoise qui profite de quelques jours de vacances en Italie en compagnie de sa tante et de son cousin. À peine sortie de l’enfance, Else, pleinement consciente de ses charmes s’amuse à trier les séduits en deux catégories. [lire la suite]
Manuele Fior - Mademoiselle Elses
dessin et scénario de Manuele Fior
Paris, Delcourt, 2009
L’histoire se déroule dans les années 1920. Else est une jeune femme issue de la bourgeoisie viennoise qui profite de quelques jours de vacances en Italie en compagnie de sa tante et de son cousin. À peine sortie de l’enfance, Else, pleinement consciente de ses charmes s’amuse à trier les séduits en deux catégories. Les beaux étrangers ou les filous, croisés dans les couloirs de l’hôtel et avec lesquels elles s’imaginent volontiers flirter et ceux qui, parce qu’ils lui font ouvertement des avances, plus ou moins appuyées, sont rejetés au rang des damnés car jamais elle ne leur donnera la moindre chance. De toute façon, ces derniers sont dégoûtants. Mais cette légèreté tranquille, doublée d’une vivacité d’esprit va soudain basculer dans le plus dramatique des supplices de l’âme. Else reçoit une lettre de sa mère. Son père, avocat réputé mais joueur compulsif, a nouvellement jeté la famille au bord de la ruine. Sa mère demande à Else d’obtenir auprès de Dorsday, une riche connaissance séjournant dans le même hôtel, la somme qui leur éviterait l’humiliation. Le père risque en eet la prison. Malheureusement, Dorsday compte parmi les séduits dégoûtants. Il accepte de livrer la somme à condition de pouvoir contempler la nudité d’Else pendant un quart d’heure.
Manuele Fior adapte ici avec grande finesse une nouvelle d’Arthur Schnitzler, dénouant avec minutie toute la diversité des sentiments qui vont traverser la jeune femme. On assiste à l’écartèlement de son esprit, comme s’il était livré à une infernale machine de torture. Sauver sa famille quitte à passer pour une prostituée? Ou sauver son honneur quitte à perdre sa famille?
Beauté des images, qui ne sont pas sans rappeler les fastes de l’Art nouveau. Fluidité du découpage, les scènes de réalité et de fantasmagorie se mêlent avec harmonie et ne se confondent jamais. Intelligence des plans, qui font tous corps avec la sensation ou l’émotion qu’ils évoquent. Textes habilement placés, par exemple, pour certaines pensées de mademoiselle Else, dans le vide entre les cases, démultipliant ainsi l’impression pour le lecteur d’un contact véritablement physique avec le psychisme de la malheureuse.
La première image du livre est une balle de tennis qui rebondit. Métaphore d’une vie libre et insouciante. En réalité, la balle est déjà sur le point de terminer sa course, il ne s’agit là que du premier symptôme de la courte agonie de mademoiselle Else. La dernière image est une montagne en pleine nuit, figée comme un tombeau. L’étau vient de se refermer définitivement sur la jeune fille en fleurs. Simple et juste.
Germano Zullo
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Jens Harder
- Alpha... directions
Ça commence par le big bang. Et ça se conclut avec le premier jet par un hominidé d’un épieu sur une proie invisible, mouvement démultiplié, au ralenti, un peu comme l’os servant de massue projeté en l’air dans 2001 l’Odyssée de l’espace... [lire la suite]
Jens Harder - Alpha... directions
dessin et scénario de Jens Harder
Arles, Actes Sud - L'An 2, 2009
Ça commence par le big bang. Et ça se conclut avec le premier jet par un hominidé d’un épieu sur une proie invisible, mouvement démultiplié, au ralenti, un peu comme l’os servant de massue projeté en l’air dans 2001 l’Odyssée de l’espace… En 340 pages de dessins silencieux, ponctués de sobres et limpides légendes, l’Allemand Jens Harder raconte entre ces deux scènes rien de moins que l’histoire de l’Univers, de la naissance des galaxies, du système solaire et de la Terre à l’apparition et l’évolution de la vie.
C’est passionnant, rigoureux, précis, lyrique, poétique tout à la fois et, visiblement, porté par une fascination sans bornes de l’auteur pour cette histoire infinie et mystérieuse qui est la nôtre, pour cette incroyable débauche de formes ahurissantes qu’a prise la vie, acharnée à renaître après chacune des nombreuses extinctions massives d’espèces.
Alpha… directions est une magistrale synthèse en images des connaissances scientifiques en cosmologie, astrophysique, biologie, chimie, anthropologie notamment, qui s’étend sur 14 milliards d’années et se lit avec une aisance déconcertante, voire avec un certain suspense. On passe de l’interminable Cryptozoïque, témoin des convulsions apocalyptiques de la jeune planète et de l’apparition des premiers organismes unicellulaires, au bref Quaternaire, qui consacre le règne des mammifères, dont un bipède promis à un riche avenir. Le raccourci saisissant de Harder (avec 2000 dessins, cela fait en moyenne une image tous les 7 millions d’années, cela «relève de la plaisanterie», sourit-il dans sa postface) est entrecoupé de représentations pieuses, naïves ou mythologiques de la création, des cercles de l’Univers ou du ciel, issues des cultures du monde entier et redessinées par l’auteur. On y croise aussi des peintres, des écrivains, des objets manufacturés, des personnages de BD, des fétiches, des architectures qui viennent ponctuer le propos, avec pertinence ou ironie.
«J’ai souvent eu recours à d’anciennes représentations de la création et des forces originelles, de personnages de légende et du paradis, souligne Harder. Car elles pressentent parfois de façon stupéfiante (même si cela reste très vague) certains processus dont on perce aujourd’hui le secret grâce aux dernières découvertes scientifiques, grâce par exemple aux images du télescope spatial Hubble ou aux analyses d’ADN.»
Cette confrontation d’images ancestrales ou récentes à l’état contemporain de la science donne un sens parallèle à cette grande épopée du monde, comme une galerie d’art universelle oerte en prime, comme une histoire de l’esprit vacillant dans les vertiges du temps et de l’espace infinis. Et dans les pistes évoquées graphiquement en cours de route et citées en fin de livre, Lautréamont côtoie Larousse, Stephen Hawking croise Borges ou Rabelais, Ovide rencontre Jules Verne. Un sacré jeu de tenter de les identifier!
Ariel Herbez
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Frederik Peeters - Pachyderme
Il dit volontiers qu’il aimerait faire les livres qu’il aurait envie de lire lui-même. Des récits inattendus «qui remplissent la tête plutôt qu’ils ne la vident ». Des paroles aux actes, Frederik Peeters avance avec une belle cohérence. [lire la suite]
Frederik Peeters - Pachyderme
dessin et scénario de Frederik Peeters
Paris, Gallimard, 2009
Il dit volontiers qu’il aimerait faire les livres qu’il aurait envie de lire lui-même. Des récits inattendus «qui remplissent la tête plutôt qu’ils ne la vident ». Des paroles aux actes, Frederik Peeters avance avec une belle cohérence. L’éclectisme de sa production -– Pilules bleues, Lupus, Koma, RG – n’empêche ni l’aisance graphique ni le ton toujours très personnel. Pas de grandes aventures trépidantes dans la bibliographie de cet amateur de cinéma d’auteur, mais des histoires riches de situations complexes où la psychologie des personnages et les dialogues finement travaillés prennent le pas sur l’action pure.
J’ai la sensation de faire de la spéléologie à l’intérieur de ma tête, d’explorer des grottes souterraines, et si possible pas celles que tout le monde a visitées constate Peeters à propos de ses albums. Générale, la remarque s’applique parfaitement à Pachyderme, nouvel opus troublant, mêlant espionnage et fantastique dans la Genève du début des années 50. Un livre brillant et intriguant, où derrière des décors familiers (le siège de l’OMC, la Vieille-Ville, le bord du lac) apparaissent en filigrane des thèmes étroitement liés entre eux : le temps qui passe, l’usure du couple, les conséquences de certains choix, les ratages et les regrets.
Réalisé au moment où toutes les séries de Peeters ont trouvé un aboutissement, Pachyderme trace le portrait sensible d’une femme, Carice Sorrel, entraînée dans une cascade d’événements étranges. Ici, les morts interpellent les vivants dans une mystérieuse clinique dirigée par un chirurgien au passé chargé. Au sein de cet univers ouaté où les sous-entendus et les non-dits prennent toute leur importance, un agent secret grotesque fait irruption d’un tuyau et la forêt toute proche cache des fœtus monstrueux.
Je me suis inspiré de Buñuel pour la sensation de trouble et des films les plus inquiétants de Renoir pour le côté fantastique, raconte Peeters. Les incursions fantasmatiques – une des marques de fabrique de l’auteur – cohabitent avec un récit tendu et très maîtrisé. Contrairement à ses précédentes histoires, plus improvisées, Pachyderme fonctionne tel une mécanique de précision. Narration éclatée, flash-back, rebondissement final spectaculaire («hollywoodien», sourit Peeters), rien n’a été laissé au hasard. Comme s’il échafaudait un roman, Peeters a pris quantité de notes à propos de ses personnages principaux, afin de leur inventer un passé et d’enrichir leur psychologie. Un apport qui transparaît entre les lignes, donnant un poids incontestable à ce Pachyderme ambitieux, qui ne se laisse pas facilement cerner. Du grand art. Hitchcock, dans ses entretiens avec Truaut, ne relevait-il pas que ses films les plus réussis étaient ceux dont les intrigues s’avèrent le moins résumables…
Philippe Muri
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Kalonji - Futago: Nukitsuke
De Kalonji, on se souvient entre autres de ses 365 Samouraïs et quelques Bols de Riz. Projet né au sein d’une petite structure: Netho Prod, autoélaborée en collaboration avec son ami Stéphane Pagani, graphiste et concepteur multimédia. [lire la suite]
Kalonji - Futago: Nukitsuke
dessin et scénario de Kalonji
Genève, Netho Prod. Editions, 2009
De Kalonji, on se souvient entre autres de ses 365 Samouraïs et quelques Bols de Riz. Projet né au sein d’une petite structure: Netho Prod, autoélaborée en collaboration avec son ami Stéphane Pagani, graphiste et concepteur multimédia. Ce roman graphique, très cinématographique, constitué uniquement d’une image par page et complété par toute une série de concepts atypiques, livret de traduction, cartes postales, stickers, expositions et interventions autour du monde, dans lesquelles se mêlaient une réflexion sur les traditions de la culture orientale et Street Art, vient de trouver place dans la prestigieuse écurie américaine Dark Horse Comics. Cette maison d’édition, l’une des plus importantes au monde dans le secteur de la bande dessinée, publie notamment les séries Star Wars, Buffy the Vampire Slayer, Aliens, Conan the Cimmerian, Hellboy et Sin City.
Porté par une véritable passion pour l’empire du Soleil Levant, c’est donc tout naturellement que Kalonji revient sur la thématique du samouraï avec Nukitsuke, le preview d’une nouvelle série, Futago, à paraître en 2010 toujours chez Netho Prod éditions. Il s’agit de raconter la relation conflictuelle qui oppose deux frères jumeaux, Yazu et Kazu dans le Japon médiéval.
L’iaido est un art martial japonais se pratiquant avec un sabre. Sa philosophie peut se résumer ainsi: «exister en union avec la voie». Le nukitsuke compose la première phase d’un mouvement magistral visant à créer une harmonie avec laquelle on va littéralement fusionner. Nukitsuke, c’est dégainer le sabre. Puis, dans une même continuité, on portera le coup, unique et parfait, on nettoiera la lame et on la rengainera dans son fourreau. Mais ce geste est bien loin de constituer le sens de la vie d’un bon samouraï. Son cœur et son esprit se doivent de rester purs. Pour preuve, à la fin du récit, la dernière pensée de Yazu, qui est à la recherche de son frère: Ne pas atteindre ses objectifs n’est pas une chose grave en soi. Ôter une vie l’est. Yazu vient d’esquiver l’attaque en traître de deux jeunes crapules. Il n’a pas eu besoin pour cela de sortir son sabre. La simple connaissance des éléments naturels lui a su≤ à franchir cet obstacle.
Jean-Philippe Kalonji propose un découpage nerveux qu’on pourrait presque dire tranché au sabre. Les traits qui définissent ses personnages dans un noir et blanc classique sont parfaitement aiguisés et pour ceux qui en redemandent, l’auteur donne sur la troisième de couverture la nomenclature complète de l’arme en question.
Germano Zullo
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Valp - Ashrel: Dragon
Après Lock, série en cinq volumes et enrichie d’un hors série, qui décrivait un monde aussi étrange que mystérieux dans lequel des Terriens étaient retenus prisonniers, Valp inaugure avec Dragon une nouvelle saga de high fantasy, tout aussi empreinte de références aux classiques du genre... [lire la suite]
Valp - Ashrel: Dragon
dessin, scénario et couleur de Valp
Paris, Delcourt, 2009
Après Lock, série en cinq volumes et enrichie d’un hors série, qui décrivait un monde aussi étrange que mystérieux dans lequel des Terriens étaient retenus prisonniers, Valp inaugure avec Dragon une nouvelle saga de high fantasy, tout aussi empreinte de références aux classiques du genre, à commencer par le plus célèbre d’entre eux: Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien.
Pahn, la jeune princesse du royaume d’Orwany, promise en mariage à l’inquiétant seigneur des Terres de l’Ouest, s’enfuit du château, déguisée en palefrenier. La reine Obverda charge Chandras, dont la fonction est celle de prévôt et le cœur celui d’une garce, de ramener sa fille saine et sauve au bercail. Dans la forêt, Pahn fait la rencontre d’Ashrel, réfugié dans les branchages pour échapper à la colère des villageois. Ashrel en eet, n’a de cesse de semer le trouble et la pagaille, même si le plus souvent cela se produit malgré lui. C’est un tanatis, il possède l’étrange don de réveiller les morts. Désormais liés par leurs infortunes respectives, les deux nouveaux amis s’apprêtent à aronter leur destinée commune, tout en levant le voile sur les secrets du passé. Épice supplémentaire à l’intrigue, les dragons, qui peuplent fortement le royaume d’Orwany, et en particulier la ville côtière de Wesconda. Nous en saurons sans doute davantage sur eux dans le prochain épisode, même si l’on peut déjà deviner qu’ils possèdent la clé d’une importante énigme.
Le style de Valp reste toujours très attaché à l’univers du dessin animé populaire. On le remarque surtout au travers des traits qu’elle donne à ces personnages ou à certains éléments du décor. De cette naïveté apparente, n’en découle pas moins un véritable charme, réveillant chez le lecteur une imagerie toute droite issue de l’enfance.
Valp met en place sa trame narrative, certes de manière classique, mais avec beaucoup de fraîcheur et débarrassée de tout complexe. Le dessin est dynamique et le découpage incisif. La succession et la composition de certains plans sont parfois très audacieuses. Également coloriste, Valp s’applique à choisir ses tonalités en fonction du caractère manichéen propre au genre, de l’ombre à la lumière, et de la lumière à l’ombre. Ces passages ne sont d’ailleurs par clairement contrastés, mais habilement fondus en des zones pour ainsi dire mixtes, comme des entre-saisons, donnant ici le sentiment d’un crépuscule et ailleurs l’annonce de l’aube.
Germano Zullo
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Raphaël Widmer - Bruit Noir
Bruit noir est une première «longue bande dessinée», selon les propres termes de l’auteur, Raphaël Widmer, étudiant en communication visuelle à la Haute École d’Art et de Design de Genève. [lire la suite]
Raphaël Widmer - Bruit Noir
dessin et scénario de Raphaël Widmer
Genève, en cours d’élaboration
Bruit noir est une première «longue bande dessinée», selon les propres termes de l’auteur, Raphaël Widmer, étudiant en communication visuelle à la Haute École d’Art et de Design de Genève. Remarquons que l’auteur, tout juste 23 ans, dispose déjà d’une très belle liste de références. Jirô Taniguchi, Daniel Clowes, le génial réalisateur de films d’animation Hayao Miyazaki, sans oublier quelques indispensables de la République: Frederik Peeters et Isabelle Pralong. L’an dernier, Raphaël Widmer, adaptait en «petite bande dessinée», La Plage, d’après une nouvelle d’Annie Saumont. Le fait de s’être ainsi quelque peu attardé sur l’œuvre de cette magnifique écrivaine, nouvelliste trop peu connue du grand public, dénote chez Raphaël Widmer un esprit certes ouvert et curieux, mais aussi un certain attrait pour une narration minutieuse où chaque détail doit être soigné et le superflu savamment rejeté. C’est donc armé de ces préceptes que Raphaël Widmer a composé son Bruit noir.
Œuvre muette – le titre renvoie au terme anglais black noise ou silent noise, silence réel, par opposition notamment au white noise, crépitement que certains micros produisent pour compenser le silence réel dans lequel ils sont plongés– découpée en une succession de plans aussi ingénieux que riches, le trait simple, fluide, avec un souci évident d’équilibre entre le blanc, le gris et le noir, elle raconte en quatre scènes sensibles, les mésaventures d’un jeune homme amoureux d’une jeune fille. Ces derniers n’en sont pas pour autant les personnages principaux du récit. En eet, ce rôle échoit au python qui se matérialise à chaque fois que le jeune homme tente une approche concrète de la jeune fille. Le python, figure emblématique des forces chtoniennes, représente donc ici la peur viscérale d’un genre devant se confronter à l’autre, de cette confrontation, qui se doit pratiquement universelle et à laquelle l’amour nous oblige. Il émane de cette jeune fille, que l’on devine simple et naturelle, dans le sens où elle n’a≤che aucun artifice propre à la séduction, une éclaboussante beauté. Éclaboussante et mystérieuse. Sauvage et dangereuse. Le premier plan qu’il est donné d’elle sur la couverture révèle à la perfection ce sentiment. Ses yeux sont immenses et hypnotiques comme pourraient l’être ceux d’un cobra sur le point de fasciner sa proie. À ses côtés, le python, elle-même donc, déploie ses anneaux puissants et sa langue fourchue annonce déjà le drame final qu’il est impossible de ne pas renvoyer au sonnet d’Arvers: Hélas! j’aurai passé près d’elle inaperçu, Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire, Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre, N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.
Germano Zullo
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