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présenté par Carmen Perrin
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La carrière de Michel Rappo commence en tant qu'instituteur remplaçant dans « une classe spéciale ». Cette première expérience fut déterminante pour son orientation professionnelle. Elle engage Michel Rappo dans l'étude des mécanismes de la créativité chez l'enfant.
Il expérimente une théorie nouvelle dite d' « éducation artistique ». Cette dernière défend l'idée que toute pratique des arts, à n'importe quel moment de notre évolution est en soi éducative, qu'en tant que forme d'expression, elle nous aide à constituer une identité propre, et en tant que moyen de communication, elle développe notre sens social.
Comme inspecteur de dessin dans l'enseignement primaire, il encourage la pratique de cette démarche dans les écoles genevoises, pour tenter d'assurer à chacun un équilibre intellectuel et affectif harmonieux.
Avec l'aide de quelques collègues, il monte une documentation d'environ 2000 dessins d'enfants, représentative de cette recherche.
Michel Rappo est nommé directeur des Ecoles d'art de Genève en 1971.
L'Ecole des Beaux-Arts devient en même temps que le Collège Rousseau, la première école genevoise à option.
La réforme des années 70 constitue pour la nouvelle Ecole Supérieure d'Art Visuel, la mise en application d'une expérience inédite de partenariat entre étudiants, enseignements et direction. C’est la responsabilité offerte aux étudiants de participer activement à leur propre cursus scolaire qui constitue l'apport le plus fondamental de cette réforme.
Avec ses collaborateurs il travaille à ce que l'école ne reste pas école de métiers d'art, mais devienne un véritable institut de recherche théorique et pratique d'art visuel.
Les débats des jurys sont ouverts au public.
Michel Rappo s'est toujours refusé de prendre une position doctrinale au sein de son établissement. C'est pourquoi l'école maintenait dans sa structure un espace de liberté, avec des contradictions, toujours à rééquilibrer. Dans la mesure où tout partait des projets des étudiants, ce système éclaté se détournait radicalement de l'unité de pensée.
Avant de former des artistes, l'école voulait former des gens créatifs, capables d'esprit critique.
Avec une vision large de l'école, Michel Rappo admettait fondamentalement le droit à l'erreur et était attentif à maintenir en son sein un corps enseignant différencié.
Il pensait que l'école devait être, jusqu'à un certain point, un conservatoire et être capable de maintenir un équilibre avec la tradition, pour composer avec elle, sans la laisser devenir dominante.
L'intelligence de son projet a été nourrie par sa capacité à rester à l'écoute des utilisateurs de l'école.
Michel Rappo a construit son école sur des convictions très claires.
Il a fait le pari de s'occuper d'éducation et non de génétique. Il a combattu l'idée que « l'art ne s'apprend pas » parce que dit-il : « c'est une manière élitaire de réduire le pouvoir créateur à n'être qu'un privilège de naissance. Dans cette perspective, plutôt que de naître artiste, on le devient, grâce à une prise de conscience personnelle et un processus éducatif de lente maturation visuelle, conceptuelle et manuelle.
Il défendait une triple finalité propre à son système d'enseignement.
Une finalité professionnelle pour les étudiants qui choisissent de privilégier la création artistique personnelle à toute autre forme d'activité.
Une finalité semi professionnelle pour ceux qui vivent essentiellement d'activités artistiques annexes comme la formation et autres formes de productions artistiques.
Une finalité culturelle pour ceux qui font le choix d'une activité de création artistique distincte de toute pratique lucrative et qui s'exerce en réponse à des besoins d'épanouissement personnel.
Citant un de ses anciens professeurs, il affirme que la vraie mesure de la vie est un équilibre précaire entre le désordre et l'ordre.
En 1992, Michel Rappo prend sa retraite. Suite à son action, de très nombreuses personnes ont vu leur parcours de vie radicalement modifié par ce fin pédagogue.
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| Note biographique |
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| 1927 |
Naissance à Bulle, dans le canton de Fribourg |
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| 1947 |
Maturité latin-grec |
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| 1952 |
Certificat de fin d'études de l'Ecole normale de dessin aux écoles d'art de Genève |
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| 1952-1958 |
Enseignant de dessin dans l'école publique genevoise |
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| 1954 |
Brevet d'aptitude à l'enseignement des Etudes pédagogiques de l'enseignement secondaire genevois |
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| 1958-1971 |
Inspecteur de dessin dans l'enseignement primaire |
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| 1961 |
Acquisition de la nationalité genevoise |
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| 1961-1965 |
Chef des études de l'Ecole normale de dessin |
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| 1971-1986 |
Directeur des Ecoles d'art. |
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| 1986-1992 |
Directeur de l'Ecole supérieure d'art visuel |
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| Notice bibliographique |
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Problèmes d'éducation artistique, Etudes pédagogiques 1968, Annuaire de l'instruction publique en Suisse, Payot, Lausanne, 1968
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Traces de mémoire aux écoles d'art de Genève 1947-1992, Quatre entretiens, Ecoles d'art, 2000
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