
Préface | Edito | Genève. ville de lecture
Présentation vidéo de la Fureur de lire
Découvrez les textes lauréats
du concours!
Auteurs en cage : description du projet (pdf 210 Ko)
La Fureur de lire en image (d'autres photos à venir)
Pour en venir au monde…
Après s’être confrontée à des thèmes aussi variés que le voyage, la science, le désir, les jardins ou encore les Orients extrêmes, voici que la Fureur de lire embrasse le monde… Car le monde est un livre que nous vous invitons à feuilleter en compagnie de celles et ceux qui l’écrivent. Les auteurs que vous allez découvrir invitent à des voyages contrastés. Comme le dit Bruce Chatwin, ils « appliquent au réel les techniques de narration du roman, pour restituer la dimension romanesque du réel ».
Pendant cinq jours, le monde se déclinera en lectures plurielles : plongée dans les livres qui veulent le changer, avec Susan George, André Schiffrin et Jean Ziegler, zoom sur le monde vu d’ici, avec Mathilde Fontanet, Béatrice Guelpa, Odette Habiyakare, Marie Gaulis et Thierry Mertenat, gros plan sur le roman libanais, « poumon des lettres arabes », qui réunit la fine fleur des écrivains de Beyrouth, sans oublier le théâtre du monde, avec Laurent Gaudé, Sylviane Dupuis et Dominique Ziegler. En fin d’après-midi, rendez-vous au Comptoir du livre pour « refaire le monde » avec, entre autres Grégoire Solotareff, Albertine, Thérèse Aouad Basbous, Metin Arditi et Françoise Nyssen, directrice des éditions Actes Sud. Intitulé « Ma semaine dans le monde », un concours littéraire testera le goût du public pour l’actualité.
Si la deuxième édition de la Route du livre vous invite à déambuler dans vingt librairies que Genève a la chance d’abriter, la Maison communale de Plainpalais (MC Plainpalais, lieu central de la manifestation) – bruissera encore de rencontres avec les écrivains, de débats et de tables rondes, mais aussi de mises en lectures, de mots mis en musique, en spectacle et en performance, comme avec le chanteur Polar et le comédien Carlo Brandt réunis autour des mots de Jean-Marc Lovay. La Fureur s’ouvre également à l’expérimentation : fauteuils nomades, casques d’écoute et chambre d’écho voisineront avec les « auteurs en cage » commis devant vous à l’écriture du roman de la Fureur. Tout finira en musique, dimanche soir, jour du marché aux puces du livre consacré cette année à la bande dessinée.
La collaboration avec les écoles s’est intensifiée : outre les ateliers à thème organisés à la MC Plainpalais et les rencontres avec les auteurs et illustrateurs jeunesse dans les bibliothèques municipales, les élèves sont invités à participer au concours littéraire et à la Route du livre. Ils trouveront également leur bonheur avec la grande exposition de Grégoire Solotareff, des créations de contes et des lectures mises en images, des « coups de coeur » ainsi qu’un grand troc de livres.
Bonne route sur les traces de ces littératures-monde romanesques et théâtrales.
Dominique Berlie,
Chef de projet
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Une longue journée. Il est tard. Assis dans un fauteuil, j’hésite. Je goûte ce temps d’hésitation. Que lire ? Le polar ? Qui raconte une enquête d’un commissaire français nuageux 1. Le roman d’un auteur de l’Hexagone connu s’intéressant soudainement à d’autres vies que la sienne 2 ? Ou le si beau texte d’une écrivaine romande qui écrit lentement ou rarement mais qui nous offre de si beaux mondes. Cette fois-ci un oncle dans sa maison d’une autre époque 3. Ou encore une élégie d’un magnifique poète allemand qu’un autre poète, suisse mais vivant à Grignan, a traduit une nouvelle fois 4. Et quelle traduction !
Une fois la question du choix résolue, je lâche un soupir – quiet – et glisse doucement dans les pages offertes. Le lit attendra.
Pourquoi subir les affres d’un aéroport quand le monde entier peut tenir dans une bibliothèque, même de dimension modeste ?
Comment craindre l’ennui ou la vieillesse tant qu’il y a des livres ? Vous l’aurez compris, je suis un accro. Ou peut-être un vorace. Lorsque la pile des lectures possibles baisse, je suis en danger. Comme le poisson bientôt hors de l’eau. Un passage en bibliothèque ou dans une librairie est impératif. La dose doit être quotidiennement disponible. A tout prix.
Le livre, du papier, du toucher, mais aussi des lumières, des intérieurs, des extérieurs, des climats, et même des odeurs, que l’on avait oubliées, de l’enfance, et qu’un autre enfant devenu adulte nous rappelle. Le livre, dans la poche de la veste, un allié de l’âme, avec son âme propre. Bien sûr qu’il y en a, des livres, qui vous tombent des mains, que l’on quitte pour cause d’indigence ou de boursouflure.
Le livre reste pourtant un lien essentiel et premier avec l’autre, les autres, et souvent avec soi-même. Que l’on soit un bibliophile qui a besoin de conserver son passé de lecture. Que l’on préfère les livres nomades, que l’on emprunte, que l’on prête ou que l’on donne, ne gardant que ceux que l’on croit essentiels.
Patrice Mugny
Conseiller administratif de la Ville de Genève
Président du Département de la culture
1. Jean-Baptiste Adamsberg, héros de Fred Vargas | 2. D’Emmanuel Carrère, D’Autres Vies que la mienne, éd. P.O.L | 3. D’Anne Brécart, Le Monde d’Archibald, éd. Zoé | 4. De Rilke Elégies de Duino, traduit par Philippe Jaccottet, éd. La Dogana
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La Fureur de lire, comme Poésie en Ville, est l’une des manifestations dédiées au livre, au coeur d’un dispositif visant à rendre accessible à tous cet outil culturel de base. La Ville de Genève a en effet développé une politique volontariste en faveur du livre et de l’édition, autour de trois axes : les bibliothèques, les soutiens aux publications et à l’écriture, et les manifestations.
Genève est dotée d’un large réseau de bibliothèques municipales de quartier. La Bibliothèque de Genève possède, quant à elle, les fonds anciens et encyclopédiques les plus importants de Suisse romande. Les bibliothèques scientifiques des différents musées viennent enrichir ce réseau dédié à la lecture et au savoir.
Cette politique en faveur du livre se traduit également par l’octroi de soutiens à la publication d’ouvrages d’auteurs genevois ou de livres publiés par des éditeurs genevois, ainsi que par des aides à l’écriture et à l’illustration, ces dernières en collaboration avec l’Etat de Genève. Dès 2009, un effort financier supplémentaire important a été réalisé pour soutenir, au moyen de bourses, les actions des maisons d’édition genevoises. Ces différentes démarches, complémentaires, veulent être de nature à permettre à Genève de conserver son rayonnement littéraire incontestable.
