«Le polar, maintenant, c’est rock !» disent les programmateurs de la Fureur noire. Certainement pas, répond votre serviteur. Le polar, c’est définitivement jazz: jazz et polar sont nés en même temps, ils sont tous deux des mauvais genres. Et le cinéma ? combien de poursuites nocturnes ponctuées par les rythmes mêlés d’une contrebasse et d’une batterie qu’accompagne le chant d’un saxophone ou celui d’une trompette ? Et Ascenseur pour l’échafaud, où Miles Davis et Barney Wilen improvisent en regardant Jeanne Moreau ? Rien que les titres de polar, déjà, de White Jazz de James Ellroy au Petit Bleu de la côte Ouest de Manchette ? Et l’inspecteur Harry Bosch, quand il rentre dans sa maison lézardée, il écoute quoi ? de la musette, peut-être ?
Tout ça, ce serait le passé. Une nouvelle génération d’auteurs énervés, abordant le polar de manière globale, sociale et politique, aurait relégué les clichés du trench-coat, de la blonde forcément fatale et de la cigarette au coin de la bouche aux oubliettes des marchés aux puces. Vraiment ?
Venez juger par vous-même, rencontrer les Varenne, Férey, Incardona, Salem, Padura, Pouy, Paco Ignacio Taibo II, les Quadruppani, Manotti, DOA, De Filippo et Criaco, un auteur chinois fameux (Xiaolong), trois Islandais, Philip Kerr et Volker Kutscher…
Venez écouter le directeur de la Série Noire, Aurélien Masson, et les auteurs de polars genevois. Venez aussi voir les liens entre polar et dessin en présence de Villard et Benacquista, écouter KMA et… Guy Marchand évoquer sa rencontre avec Léo Malet !
Pour vous mettre en situation, venez vivre samedi soir une nuit blanche d’un genre plutôt noir. Pour ceux qui veulent concilier nostalgie et nouvelles écritures, un projet collectif de théâtre radiophonique sera donné tout au long du festival au Théâtre Saint-Gervais. Et n’oublions pas la formidable présence des auteurs et illustrateurs jeunesse, ainsi que la belle part réservée aux écoles, avec ateliers, spectacles, expositions et rencontres…
Merci à toutes celles et ceux qui ont permis, grâce à leur engagement et à leur enthousiasme, de créer ces moments où les textes s’échappent des livres pour devenir rencontres.