LA DEUXIÈME PHASE (2007-2008)

En janvier 2007, les Fonds d’art contemporain de la Ville et du canton ont lancé la seconde étape du concours international sur invitation pour deux nouvelles interventions lumineuses.

Deux artistes genevois ayant remporté la 1ère phase de ce concours, les artistes invités viennent tous, cette fois-ci, d’autres horizons : Monica Bonvicini (I), Janet Cardiff & George Bures Miller (CAN), Claude Closky (F), Peter Friedl (A), Piero Gilardi (I), Dominique Gonzalez Forster (F), Christian Jankowski (D), Chad Mc Cail (GB), Allan Ruppersberg (USA), Nedko Solakov (BUL).

Les propriétaires d’immeubles qui ont accepté de mettre leur toiture à disposition sont Messieurs Alain et Nicolas Bordier pour le 20 avenue du Mail (immeuble "G" sur le plan de situation) et l’Association Caritas-Cité-Joie pour le 11 avenue du Mail (immeuble "H" sur le plan de situation).

Le jury d’experts qui a examiné les projets artistiques était constitué de Philippe Cuenat, historien et critique d’art (Bâle), Philippe Davet, représentant de l’association « Quartier des Bains », Christian Dupraz, membre de la commission du FCAC et architecte, Katya Garcia Anton, directrice du Centre d’Art Contemporain Genève, Laura Györik Costas, membre de la commission du Fmac et curatrice, Peter Kogler, artiste (A), Simon Lamunière, curateur, Dorothea Strauss, directrice de Haus Konstruktiv (Zurich).

Les deux projets désignés lauréats en 2007 sont «What I still have to take care of» de Christian Jankowski (D), sur le toit de l’immeuble situé au 20 avenue du Mail et «EXPODROME» de Dominique Gonzalez-Foerster (F) sur la toiture du bâtiment situé 11 avenue du Mail. Les noms des lauréats ont été annoncés le 15 mai 2007.

 

LES PROJETS LAURÉATS

«What I still have to take care of» de CHRISTIAN JANKOWSKI (Göttingen/D, 1968)
Ce projet s’inspire des «aide-mémoire» que l’artiste écrit et qui comprennent les questions qu’il doit poser à son galeriste, ses assistants, ses étudiants, voire même à son comptable. Ces listes s’accumulent, se multiplient sur son bureau et forment un journal de notes personnelles, chaotiques, parfois humoristiques qui le détournent de son travail artistique tel qu’il devrait le faire. L’idée lui est donc venue d’utiliser ce matériel comme support d’un projet artistique. Pour le projet de la Plaine, l’artiste présente une phrase, une question, issue de ces nombreuses listes. La question : «Soll ich noch Geld ausgeben?» fonctionne comme réponse sociale aux nombreuses enseignes à but commercial qui sont placées sur la rade. La pertinence et l’universalité de la portée du message inscrit une question personnelle, quotidienne et sociale au cœur du monde publicitaire et consumériste. Malgré la langue utilisée par l’artiste (Christian Jankowski est allemand), la calligraphie manuelle du néon renforce son accessibilité. Au-delà des qualités plastiques de la proposition, on reconnaît également la générosité et l’empathie qui sont propres au travail de l’artiste.

Présentation audio du projet


Texte dit par Anne-Belle Lecoultre, historienne de l'art et collaboratrice scientifique au FCAC

(immeuble "H" sur le plan de situation)

Jankowski WHAT I STILL HAVE TO TAKE CARE OF  

«EXPODROME» de DOMINIQUE GONZALEZ-FOERSTER (Strasbourg/F, 1965)
«EXPODROME» est une installation de lettres composées de néons de trois couleurs différentes, orange, rose et blanc. Le mot complet apparaît toutes les heures pendant une minute. Le reste du temps l’enseigne semble dysfonctionner ; elle connaît toutes sortes de troubles jusqu’à devenir complètement illisible : elle affichera des parties du mot, comme «rom», ou une lettre «X» ou encore des signes abstraits. Le rythme des dysfonctionnements peut servir de repère : par exemple, les «X» apparaîtront toujours à la même heure. Cette œuvre opère donc comme une horloge secrète, mais elle est également en totale opposition avec la «perfection supposée» des enseignes publicitaires qui entourent le bord de la rade.
«EXPODROME» est le titre de l’exposition de cette artiste française visible en 2007 à l’ARC (Paris) et qui va voyager sous ce même nom dans le monde entier. Ce mot fait ainsi référence à l’exposition, mais suggère aussi l’existence d’un lieu dans la ville, consacré à l’idée de l’exposition.
Un des intérêts du projet réside dans ses différents degrés de lecture : l’horloge secrète, l’aspect ludique des signes qui vont de la lettre en passant par le fragment de mot jusqu’au signe abstrait, la gaieté des couleurs, la référence au lieu d’exposition, etc.

Présentation audio du projet


Texte dit par Michèle Freiburghaus, conseillère culturelle et responsable du Fmac

(immeuble "G" sur le plan de situation)

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