Madame, Monsieur, chers amis,
C’est en 2006 qu’a commencé à Genève la fabuleuse aventure de la préparation du tricentenaire de Jean-Jacques Rousseau. Pourquoi si tôt ? A quoi bon un tel élan ? Ne suffisait-il pas de s’y prendre
quelques mois à l’avance ?
La réponse se trouve dans ce programme. Commémorer Rousseau, ce n’est pas, ou pas seulement, proposer une illustration de ses écrits, ou rappeler qu’il a passé les seize premières années de sa vie à Genève. Ce n’est pas davantage se contenter des quelques clichés qui, trop souvent encore, se substituent, et pas toujours à bon escient, à la lecture de son oeuvre. Il ne s’agit pas, bien entendu, de faire de chacun d’entre nous un spécialiste de Rousseau ; mais si nous repartons, à l’occasion de ce tricentenaire, avec une perception plus juste de sa pensée, nos efforts n’auront pas été vains.
C’était tout naturellement à la Ville de Genève que revenait cette mission. D’abord parce que Rousseau y est né, qu’il y a acquis les premiers principes de ce qui deviendra la base d’une pensée politique ancrée dans la réalité genevoise. Ensuite parce que bien des questions soulevées par celui qui signait « citoyen de Genève » sont éminemment actuelles : origine de toute constitution, découverte de soi, perception de la nature... Enfin parce que Rousseau est un véritable artiste : tour à tour musicien, dramaturge, écrivain, il a largement contribué à une vaste réflexion sur le renouvellement des formes esthétiques.
Les activités proposées dans le cadre de l’année Rousseau répondent à ces nombreux défis. La Ville de Genève a initié plusieurs partenariats d’importance sur les plans local (Université de Genève, institutions privées de renom), national (villes de Neuchâtel, Yverdon, Montreux…) et international (Saint-Pétersbourg, Paris, New-York, São Paulo…). Tous ces partenariats disent assez l’envergure d’un homme et d’une oeuvre que je vous incite à découvrir ou à re-découvrir, en notre compagnie, durant toute l’année 2012 !
Sami Kanaan
Conseiller administratif de la Ville de Genève
Département de la culture et du sport
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes très heureux de vous présenter, dans les pages qui suivent, le programme du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau. Nos aînés avaient déjà tenu, il y a cent ans, à commémorer
comme il se devait un homme qui, en dépit de ses rapports parfois tumultueux avec sa ville natale, en constitue l’un des meilleurs ambassadeurs. Il s’agit aujourd’hui, avec trois cents ans de recul, de mieux
examiner la portée des enseignements du citoyen de Genève.
Dès lors, la célébration de 2012 repose d’abord, fort logiquement, sur une armature scientifique
solide, laquelle s’organise autour de trois colloques centraux organisés par la Société Jean-Jacques Rousseau, l’Institut international de recherches pour la paix à Genève (GIPRI) et l’Association
pour l’autobiographie (APA). Journées d’étude et publications qui permettront à un large public de profiter des dernières recherches sur Rousseau : signalons également à cette fin un ingénieux
projet de calendrier présenté par l’Association genevoise pour la promotion de l'illustration et de la bande dessinée (AGPI) et une très belle publication de l’Association pour l’étude de l’histoire
régionale, qui s’était déjà illustrée lors du quatrième centenaire de l’Escalade, en 2002.
L’événement majeur de l’année 2012 sera sans nul doute la création mondiale, au Bâtiment des Forces Motrices, au mois de septembre, de l’opéra de Philippe Fénelon «JJR (citoyen de Genève)», sur un livret
de Ian Burton et dans une mise en scène de Robert Carsen. Plusieurs projets musicaux ponctueront en outre l’année 2012, avec notamment un concert de l’Orchestre de Chambre de Genève, un opéra pour
marionnettes proposé par l’Opéra-Studio de Genève : Tic Tac Rousseau, et une intéressante série de concerts proposée par le collectif Hors Portée et ingénieusement intitulée Le Devin loin du village.
Plusieurs expositions rythmeront par ailleurs toute l’année 2012, notamment celle qui, organisée conjointement par la Bibliothèque de Genève et la Fondation Martin Bodmer, nous permettra de découvrir, sous un titre tiré des Dialogues («Vivant ou mort il les inquiétera toujours») trois cents ans de réception de Rousseau. Toutes les institutions culturelles municipales participent de leur côté à 2012 Rousseau pour tous, depuis le Musée d’ethnographie jusqu’au Musée d’histoire des sciences en passant par les Conservatoire et Jardin botaniques. Impossible enfin de clore ce chapitre sans mentionner l’exposition grand public préparée par Berthe Juillerat au Salon du Livre et intitulée Mon Rousseau à moi.
Plusieurs groupes théâtraux évoqueront à leur tour Jean-Jacques Rousseau, à commencer par la Comédie de Genève et son directeur, Hervé Loichemol, qui proposent une pièce de Denis Guénoun,
L’Affaire Rousseau. Une grande fête populaire, plusieurs banquets républicains feront par ailleurs se rencontrer la population genevoise autour de Jean-Jacques Rousseau : un spectacle pluridisciplinaire
sera d’ailleurs proposé au public par Kitchen Project le 28 juin sur la scène Ella Fitzgerald, et plusieurs activités (théâtre, ateliers, festivals, débats) seront organisées au sein de l’Ilôt 13. D’autres projets
favorisent l’idée de la «promenade», à l’instar de celui de l’Espace Rousseau. La veine médiatique n’est pas oubliée, avec la programmation de plusieurs films, courts et longs métrages, relatifs au célèbre
promeneur.
Dernière promenade enfin, et non des moindres : celle qui nous est suggérée, en musique, par Stephan Eicher, auteur d’une audio-promenade Promeneur solitaire avec, au coeur, le texte de la
cinquième des Rêveries du promeneur solitaire.
Mais l’influence de Rousseau, on le sait, déborde largement les frontières de Genève. Il était question
dès la mise en place de 2012 Rousseau pour tous, de faire de Genève le pivot des manifestations internationales qui ne manqueront pas d’être organisées de par le monde pour célébrer le 300e
anniversaire de la naissance du philosophe. Que le coeur de la célébration se situe à Genève est en effet une évidence : c’est à Genève qu’est né Jean-Jacques Rousseau, et c’est à Genève que se sont traduits
dans la réalité plusieurs des axes théoriques qu’il a initiés (développement de la musique populaire, suggestions politiques, expériences pédagogiques…)
C’est pourquoi plusieurs pistes ont été explorées avec nos partenaires français, et prioritairement nos voisins de la région Rhône-Alpes, mais également avec certaines villes plus particulièrement intéressées
par l’étude de Rousseau : citons New-York, Washington, São Paulo (nos amis brésiliens étant très actifs dans la recherche rousseauiste), Saint-Pétersbourg, Venise et d’autres encore…
Saluons enfin le lien privilégié instauré avec plusieurs de nos partenaires genevois : l’Université bien sûr, qui développe un très intéressant programme intitulé «Penser avec Rousseau en 2012» mais également
les organes de presse intéressés par la commémoration, et avec lesquels nous collaborons activement depuis plusieurs mois : la Tribune de Genève, L’Hebdo, sans oublier les différentes chaînes radio et TV de
la RTS. Il ne nous reste qu’à vous souhaiter une très bonne année 2012, aux côtés, cela va sans dire, de Jean-Jacques Rousseau.
Que la fête commence !
Dominique Berlie et Fançois Jacob
Chefs de projet