HORLOGERIE, ÉMAILLERIE, BIJOUTERIE ET MINIATURES
Les collections d’horlogerie, d’émaillerie, de bijouterie et de miniatures de la Ville de Genève ne sont actuellement pas visibles de manière permanente.Dans le cadre du projet de rénovation et d'agrandissement, ces collections devraient retrouver toute leur place et être exposées en permanence.
Communiqué de presse (2009)
Communiqué de presse (exposition Musée Rath 2011)
Les collections
Cinq siècles de mesure du temps
Les collections d’horlogerie, mises en valeur à l’occasion d’expositions temporaires, ne cessent d’éblouir par la richesse des décors, le luxe de l’ornementation et la fascinante complexité technique des mécanismes.
Ces garde-temps sont l’expression des savoir-faire accomplis avec lesquels les artisans et horlogers genevois réalisent les motifs nés de leur imagination ou inspirés par la mode de l’époque.
- Jean Chais (1677-1726), Genève, 1695-1700
Montre réveil
Argent découpé, ajouré, gravé et ciselé
Haut. 6,85, diam. 5,9, ép. 3,55 cm
Provenance : achat 1977
Inv. AD 2738
Si la montre portative apparaît à la fin du XVe siècle, les plus anciennes montres genevoises conservées datent de 1640. Les orfèvres habillent alors les montres de boîtiers en argent ciselé, en forme d’animal, de cœur ou de fleur, ou logent les mouvements dans des boîtiers taillés dans le cristal de roche. L’émail peint apparaît alors pour enrichir ces objets de parure, qui sont des bijoux avant d’être des garde-temps.
Au XVIIIe siècle, les montres sont dotées d’une aiguille des minutes : les mouvements plus complexes sont logés dans de gros boîtiers ronds, appelés oignons. Si la forme ronde se généralise, les décors conservent richesse et variété. Les techniques de la décoration sont multiples : métal repoussé, gravure, ors de couleur, perles et pierreries, émail et peinture sur émail. Paillons et motifs guillochés rehaussent les miniatures émaillées et les boîtiers sertis de perles.
La chronométrie de marine, sous l’impulsion de J. Harrison, de J. Arnold, de Th. Mudge, de P. Leroy, de Ferdinand Berthoud et de A.-L. Breguet, confère la précision et la fiabilité de marche aux mécanismes horlogers.
Au XIXe siècle, des horlogers réputés donnent une impulsion décisive à la chronométrie : Abraham Louis Breguet, Jean Antoine Lépine, Jacques Frédéric Houriet, Abraham Louis Perrelet… Les garde-temps sont pourvus de mouvements extra-plats ou à complications ; cadrans et boîtes offrent des formes épurées, toujours séduisantes. Cette rigueur de style et cette technicité se développent conjointement à la renaissance des montres fantaisie, cultivant des formes étonnantes.
L’avènement de la montre-bracelet ouvre au tournant du XXe siècle un nouveau chapitre dans l’histoire de la montre portative. Les chefs-d’œuvre de technicité qui sont produits de nos jours sont les garants de la longue tradition dont ils sont les héritiers et les continuateurs.
Mesure du temps non mécanique
Les origines de la mesure du temps se situent en Égypte, vers 4000 av. J.-C. : grâce à l’observation des crues régulières du Nil, les lettrés Égyptiens créent un système de 12 mois de 30 jours qu’ils appellent « calendrier agricole ». Dès 1500 av. J.-C., ces mêmes Égyptiens divisent en douze parties égales le secteur parcouru par l’ombre portée sur le sol par un gnomon, bientôt remplacé par une horloge à eau, lorsqu’il s’agit de compter les heures nocturnes. Ces horloges à eau, appelées par les Grecs « clepsydres », se répandent dès lors dans le monde civilisé. Elles sont la première ouverture vers des instruments mécanisés permettant le suivi régulier de l’écoulement des heures.
- Nourry ( - ), Lyon, 1675
Cadran solaire de poche, de forme octogonale, avec boussole
Argent gravé et poli, vernis noir champlevé sur argent, laiton gravé et ajouré
Long. 4,9, larg. 4, ép. 1 cm
Inv. 13243
Entre le XIe et le XIIIe siècle, les progrès de la mécanique permettent progressivement d’envisager de résoudre le problème posé par le décompte des longues durées, mesurées alors précisément avec des sabliers, des chandelles graduées ou des horloges à feu.
Pendulerie
Le domaine de la pendulerie comprend l’horlogerie de moyen et de grand volume ; son étude permet de retracer le passage de l’heure publique à l’heure privée et portative, en passant par les espaces domestiques où les pendules à poids prennent place dès le XVe siècle. La découverte du pendule régulateur par Ch. Huygens (1650) provoque l'essor de la fabrication des horloges destinées aux appartements. Posées sur une cheminée, un socle isolé en forme de colonne, ou sur une petite console, les « pendules » deviennent des objets essentiels du mobilier, auquel elles s'intègrent étroitement, par le décor de leurs cabinets, exécutés par des ébénistes et bronziers.
- Leroy et Fils & Cie, Paris, 1889
Pendule astronomique à quantième perpétuel, réalisée pour l'Exposition universelle de Paris
Sonnerie des heures et des demies. Échappement à détente à coup perdu.
Indications du temps vrai, du temps moyen, du quantième perpétuel, du jour, du mois, de l’année, de la phase de lune et du jour lunaire.
Haut. 55,5, larg. 33, prof. 30 cm
Provenance : ancien fonds
Inv. 2564
Autour d’un noyau formé d’une douzaine de pièces spectaculaires portant notamment les signatures de Breguet, Leroy, Jaquet Droz, Simon, Baridon, Billon, Japy… la collection met en lumière les principaux auteurs de la pendulerie produite en Europe occidentale, du XVIe au XX siècle.
Horloges à automates et à musique
La collection est relativement restreinte dans le domaine des horloges à automates ou à musique, associant objets animés et musique.
- Rochat Frères (actif 1810-1835), Genève, vers 1814
Cage à oiseaux chanteurs avec
montre à sonnerie au passage
Or guilloché, gravé, ciselé et ajouré, émail peint, émail champlevé et flinqué, diamants, trois oiseaux articulés à plumage polychrome
Haut. 29,2, larg. 10, prof. 10 cm
Provenance : achat 2003
Inv. H 2003-136
Néanmoins, autour de sept pièces d’importance, cette partie magique et mystérieuse de l’horlogerie présente un ensemble intéressant et harmonieux. Il témoigne notamment du goût de la clientèle du Moyen-Orient pour ces joyaux créés et décorés somptueusement à Genève.
La partie des oiseaux chanteurs, dont les mécaniciens, dès la Renaissance, ont tenté de reproduire le chant, a offert aux artisans genevois un espace de création particulier : mécaniciens, orfèvres et émailleurs ont apporté une dimension très précieuse aux automates et cages à oiseaux chantants.
Montres d’hier à aujourd’hui
La fabrication des montres est une tradition ancienne dont les origines remontent à la fin du XVe siècle et qui atteint sa perfection esthétique et technique vers la fin du XIXe siècle. Créées pour divertir les riches et les notables, elles sont des objets de désir puis deviennent, avec le développement des transports, l’industrialisation et la multiplication des réseaux de sociabilité, des instruments indispensables pour régler les activités des populations d’Europe, d’Orient et des Amériques.
La chronométrie devient au XIXe siècle un commerce compétitif de premier plan, qui attire les scientifiques et les artistes les plus talentueux : ceux-ci valorisent les garde-temps grâce à un grand nombre d’innovations, tant techniques qu’esthétiques.
L’importance accrue de la fonction chronométrique de la montre n’empêche pas l’industrie de s’attacher à promouvoir son élégance esthétique afin d’encourager la vente de ses produits.
- Marchand, Genève, vers 1700
Montre réveil de poche
Première boîte en argent gravé, seconde boîte en argent repercé
Haut. 7,65, diam. 6,1, ép. 3,55 cm
Provenance : achat 2003
Inv. H 2003-141
Montres émaillées de Genève
Née en France, la peinture sur émail est introduite au XVIIe siècle à Genève : dès lors, elle prête la finesse de son dessin et la richesse de sa polychromie aux portraits et aux scènes qui ornent les montres, les tabatières et les bijoux. Avec l'orfèvrerie et l'horlogerie, auxquelles elle est étroitement associée, elle assure la réputation des peintres miniaturistes genevois qui en perfectionnent la technique. Grâce à leur invention baptisée « émail sous fondant » ou « émail de Genève », la qualité particulière des montres et des bijoux confectionnés à Genève, après 1760, est recherchée tant par les marchands horlogers, notamment parisiens et londoniens, que par les clients du Moyen-Orient.
- Jacques Coulin & Amy Bry (Genève, 1782-1799), Genève, vers 1790
Montre de poche à répétition « Souvenir d’ami »
Or, émail peint, émail paillonné, perles, seconde boîte laiton doré, verre
Provenance : achat 2003
Inv. H 2003-140
Montres de forme
La mode des montres de forme, ou montres fantaisie, en vogue dès le dernier tiers du XVIe siècle jusqu’au milieu du XVIIe siècle, réapparaît dès 1775 et perdure au XIXe siècle.
Ces montres insolites, dotées d’une grande variété de formes de boîtiers (fleurs, animaux, têtes de mort), se portent suspendues autour du cou, à la taille ou, au XIXe siècle, agrafées à une broche.
Les jumelles de théâtre et les tabatières sont également dotées de montres dissimulées. Les montres-bagues offrent quant à elles une alternative aux bijoux traditionnels.
- Pierre Simon Gounouhilou (1776-1847), attribué à, Genève, vers 1820
Montre-bague à balancier en vue
Or, perles, diamants, émail champlevé, cadran émail
Provenance : achat 2004
Inv. H 2004-10
Montres à complications
Outre leurs attraits esthétiques, les garde-temps sont des témoins de l’avancement des sciences et des techniques. À Genève, où la Société des Arts et l’Observatoire entretiennent dès le XVIIIe siècle l’émulation entre les horlogers, quelques inventions notoires ont un effet décisif, notamment sur l’augmentation de la précision chronométrique. Ces inventions ont pour contexte les efforts menés à Paris et à Londres, notamment autour de la chronométrie de marine.
Mouvement à une seule roue, mécanisme assurant une durée de marche d’une année, ou mécanismes à multiples complications, résument la diversité des travaux et des recherches suscités par l’art de la mesure du temps.
- Pierre-François Gautrin (1737 - vers 1799), Paris, 1796-1797
Mouvement de montre de poche à une seule roue.
Signée : « Gautrin à Paris / Pr[emiè]re Montre à une Roue Inv[en].té & Exe.té 8/96. »
« INVENTE PAR GAUTRIN N° 1 9/97. 5e A PARIS RECU A L'INSTITUT NATIONAL DES SCces ET ARTS »
Provenance : don Édouard Sordet, Genève, 1883
Inv. AD 2561
Montres à automates
Au tournant du XIXe siècle, l’horlogerie atteint des sommets en termes de précision, tandis que de nouveaux marchés se développent, en Turquie et en Asie principalement. Le moment est alors opportun pour proposer aux clients des curiosités et des divertissements encore plus ingénieux. L’introduction d’automates et de jacquemarts dans les montres suit une évolution naturelle, puisque les horlogers s’appuient sur la connaissance des pendules à automates, dont les origines remontent au XIVe siècle.
Les jacquemarts, élaborés dans leurs plus menus détails, représentent des personnages (charpentiers, forgerons, fileuses, musiciens, chevaliers et funambules) accomplissant des simulacres de gestes ou s’animant de façon simple, actionnés par un poussoir au pendant.
Les saynètes les plus courantes comportent un ou deux personnages frappant l’heure sur des cloches, dont le son est produit par un mécanisme de répétition qui commande des marteaux cachés agissant sur des ressorts-timbres situés sous la cuvette ou dans la bande de la carrure. Les montres à automates atteignent l’apogée de leur popularité en Suisse et en France, pays où elles sont fabriquées en grand nombre entre 1800 et 1840.
- Piguet Meylan (1811-1828), Genève, vers 1815
Montre de poche à répétition et à automates
Scène d’après Charles Oudry (Paris, 1686-1755), Le Chien aboyant contre le Cygne
Or, ors de couleur et argent guillochés, gravés et ciselés, émail champlevé
Provenance : achat 2003
H 2003-139
Émaux peints
Initiée par les membres de la famille Huaud, réfugiés français protestants installés à Genève en 1630, l’École genevoise d’émail peint se développe au sein de la Fabrique en s’appliquant au décor des montres, bijoux et autres bibelots ou objets de vertu.
Les portraits miniatures se distinguent des scènes de genre et des paysages de la production industrielle par les signatures connues de leurs auteurs, formés aussi bien à Genève que dans les meilleurs ateliers européens. Dès le début du XVIIe siècle, la présence des artistes de la Cité auprès de l’aristocratie de nombreux pays témoigne de la qualité du savoir-faire genevois et du talent de ses peintres et chimistes des couleurs.
- Jean I Petitot (Genève, 1607 - Vevey, 1691)
Portrait de Catherine Howard d’Aubigny d’après Anton Van Dyck
Émail peint sur or signé et daté sur le contre-émail : « J. Petitot. Ge. / 1643 »
Haut. 10,6, larg. 8,8 cm
Provenance : achat 1979
Inv. AD 3708
Notice biographique
Jean I Petitot (Genève, 1607 - Vevey, 1691) Apprentissage chez son oncle l’orfèvre Jean Royaume. Travaille à la cour de France pour Louis XIV et à celle d’Angleterre pour Charles Ier. Inspiré par les miniaturistes français et anglais, il rencontre Van Dyck (1599-1641) qui le conseille et Turquet de Mayerne (médecin et chimiste, originaire de Genève) qui lui permet de mettre au point la technologie de l’émail. Il donnera à la miniature ses lettres de noblesse.
Portraits miniatures
Forte de plus de trois cents pièces restaurées entre 1980 et 1995, la collection illustre de manière très complète l’École genevoise de petits portraits peints sur vélin, ivoire, carton ou papier.
L’École genevoise est l’une des plus fameuses de ce genre, développé au niveau européen. Ses peintres, souvent formés dans des ateliers parisiens, ont beaucoup voyagé et portraituré l’aristocratie des cours, notamment de France, d’Angleterre, d’Allemagne ou de Russie. Les miniaturistes genevois font preuve d’une grande sensibilité psychologique face à leurs modèles et d’une maîtrise inégalée dans le rendu pictural du portrait : leurs œuvres sont des objets fragiles, précieux et intimes. Ils forment l’un des atouts de la collection.
- Louis Ami Arlaud dit Arlaud-Jurine (Genève, 1751-1829)
Portrait de Fanny Arlaud (1802-1871), nièce du peintre
Aquarelle et gouache sur ivoire montée dans un cadre en bois doré
Signée et datée en bas à gauche : « Ls Arlaud 1816 »
Haut. 15,6, larg. 13 cm
Provenance : achat 1833
Inv. I 116
Notice biographique
Louis Ami Arlaud dit Arlaud-Jurine (Genève, 1751-1829) Fut l’élève de Jean-Étienne Liotard (1702-1789). Travaille à Paris sous la direction de Joseph Marie Vien (1716-1809). Séjourne une année à Rome, puis s’installe à Londres où il exécute de nombreux portraits d’aristocrates. Expose à Genève, à la Royal Academy de Londres, au Salon à Paris. Finit sa carrière à Genève. Le Musée conserve dans sa collection trente-neuf miniatures de cet artiste.
Tabatières
Nées au XVIIe siècle, développées au XVIIIe siècle, popularisées aux XIXe et XXe siècles, les tabatières, destinées aux hommes comme aux femmes, virent le jour par milliers : à partir des années 1680, le tabac à priser est en effet l’une des formes de tabac les plus couramment consommées.
Somptueuses, les tabatières et bonbonnières genevoises, neuchâteloises ou françaises du dernier quart du XVIIIe et début XIXe siècle rassemblent toutes les techniques de l’art des métaux précieux et de l’orfèvrerie. Horloger, bijoutier, joaillier, sertisseur et graveur, émailleur et peintre sur émail, collaborent pour réaliser des merveilles, dotées de mécanismes à musique et à automates, dont la grammaire ornementale offre des variations, une finesse et une élégance infinies.
Entre 1815 et 1830, les tabatières de poche sont le plus souvent façonnées en bois de ronce, de forme ronde. Elles sont ornées de portraits ou de scènes réalisés dans les tons pastels appréciés par le romantisme.
- Jean-Étienne Liotard (1702-1789), Genève, 1722
Plaque de tabatière, Séléné et Endymion
Email peint sur cuivre, contre-émail tacheté signé et daté « Jean Etienne Liotard pinxit / 1722 »
Haut. 5,10, larg. 7,15 cm
Provenance : legs [Mme] Philippe Plantamour, Genève, 1899
Inv. E 137
Objets de vertu
Objets issus de la Fabrique, liés à l’art des orfèvres, les tabatières sont associées aux objets de vertu que sont les carnets de bal, flacons à parfum, étuis ou carnets de souvenir.
Les « objets de vertu » désignent une assez vaste catégorie d’œuvres d’art, de petite ou moyenne dimension, qu’on appelle aussi « objets de haute curiosité » ou « bibelots ». L’artiste bijoutier contemporain cultive encore parfois ce domaine particulier de la création.
- Henri-Daniel Robineau (?-1793), Paris, 1756-1762
Étui-souvenir à tablettes
orné d’oiseaux et arbres sur terrasses de verdure
Étui en ors rose et jaune, ciselé, gravé, émail peint, poussoir orné d’un brillant serti
Haut. 9, larg. 5,9 (max.), larg. 5,3 (min.), ép. 0,6 cm
Provenance : don Xavier Givaudan, Genève, 1966
Inv. AD 1931
Émail et pièces de forme
Cousine des savoir-faire et techniques développés au sein de la Fabrique, l’application de l’émail à des pièces de forme fournit aux collections du Musée de nombreux objets illustrant cet art délicat, signés par des noms illustres, notamment dans les courants Art Nouveau et Art Deco, européen et genevois : Camille Fauré, E. Feuillâtre, Jean-Henri Demôle, Franck Édouard Lossier, Berthe Schmidt Allard illustrent l’art de l’émail, moderne et contemporain, tandis que Jean Dunand représente l’art de la dinanderie. Les techniques japonaises de l’émail cloisonné sont également présentes dans les collections, qui ont été alimentées le plus souvent à la source de leur créateur, grâce à des achats conclus à l’occasion d’expositions.
- Eugène Feuillâtre (1870-1916), Paris, vers 1900
Encrier émaillé
Argent ciselé, vermeil, émail translucide pierré, brillant et cloisonné
Haut. 6,5, diam. 9 cm ; détail : base : diam. 6,9 cm
Provenance : achat auprès de l’auteur, Paris, sans date
Inv. E 150
Bijoux
Les points forts de la collection sont illustrés par des exemples de la production genevoise du XIXe siècle, en particulier des broches et des bracelets portant des paysages suisses miniatures réalisés entre 1840 et 1880 pour la clientèle internationale qui faisait le Grand Tour et découvrait les Alpes.
En outre, des pièces remarquables réalisées par les bijoutiers parisiens de l'époque Art Nouveau, acquises par le Musée auprès de leurs créateurs eux-mêmes, notamment dans les grandes expositions d’arts décoratifs ou industrielles, font que notre institution est souvent sollicitée pour des prêts.
- Henri Vever ( Paris 1854 - 1942 )
Boucle de ceinture
Paris, vers 1900
or fondu et ciselé,
émaux opalescents et plique à jour
Provenance : achat auprès de Henri Vever, Paris, sans date
Inv. BJ 82
Le bijou contemporain
Depuis la fin des années 1970, une politique d'acquisition de bijoux contemporains suisses et européens a renforcé la collection existante de bijouterie, joaillerie et orfèvrerie (voir rubrique « Bijoux »). Aujourd’hui, fort de quelque trois cents objets, pour la plupart des pièces uniques, le volet contemporain de la collection de bijoux compte parmi les plus importants ensembles publics de notre pays.
Le bijou d’auteur – bijou contemporain – s’inscrit au rang d’objet d’art contemporain, en alliant recherche plastique, conceptuelle, et relation au corps – concrète ou abstraite.
La dernière décennie du XXe siècle a accueilli nombre d’œuvres remarquables d’artistes formés à l’école de Genève, pièces avant-gardistes qui témoignent de l’importance du mouvement genevois au sein de cet art.
- Anne Baezner (Genève, 1970), Genève, 1995
Bague
Argent, cotte de maille argent
Haut. 2,4, diam. 2,8 cm
Provenance : achat auprès de l’auteur, 1996
Inv: H 96-20
Outillage
Outre le mobilier (établis et layettes), le Musée conserve quelques beaux exemples d'outils de main dont les manches sont décorés d'inclusion de corne et d'ivoire et qui témoignent du soin porté par les horlogers à la confection de leur propre outillage.
L'outillage traditionnel – étaux à banc et à main, pinces, brucelles, bocfil, filières et autres – s'adapte aux nouvelles méthodes de travail imposées par l’industrialisation. Il est complété par le tour à ébaucher, les outils à diviser les roues, à tailler les roues plates et les fusées, à refendre les roues, à centrer, à replanter. Les roues passent maintenant entre les mains du blanquier (faiseur d’ébauche), du fendeur de roues, du finisseur, du faiseur de dentures et du polisseur. Pour tourner, le blanquier se sert au début de l'archet, puis de la pédale dont la roue motrice est actionnée par le pied.
Le « faiseur d'outils » s’impose comme métier d’importance.
- Jacob Privot, actif à Genève, milieu du XVIIIe siècle
Machine à tailler les engrenages
Genève, vers 1750
Laiton et acier
Inv. AD 4957
Le cabinet Cottier
Louis Cottier (Carouge, 1894-1966)
Formé à l’École d’horlogerie de Genève dans la classe de Henri Hess, Louis Cottier obtient très jeune plusieurs prix. Il se spécialise dans les montres compliquées à heures universelles et conçoit des modèles pour les marques les plus prestigieuses de l’horlogerie genevoise, remarquables par leur design pur.
Le mot « cabinotier » est un terme genevois qui désigne l’artisan travaillant dans l’un des métiers de l’horlogerie et des branches annexes (ensemble désigné lui-même sous le terme de « Fabrique »). L’origine du terme provient de l’exiguïté des ateliers – cabinets – souvent logés sous les toits des maisons du quartier de Saint-Gervais, où se concentrent les métiers de la Fabrique.
- Atelier de Louis Cottier, cabinotier à Carouge
offert à la Ville de Genève en 1972 par les manufactures horlogères membres de l’Association « Montres et Bijoux » à Genève
L’atelier de l’émailleur
Quant aux techniques de l'émail, dont le matériau apparaît de manière récurrente dans la collection, elles sont expliquées et illustrées étape par étape.
Un atelier d’émailleur reconstitué permet d’appréhender tangiblement la création minutieuse de ces bijoux et montres-bijoux composés d’émail, d’or, d’argent, de pierres et de verroteries.
- Atelier de Berthe Schmidt-Allard (17.5.1877-19.11.1953)
Outils, poudres de verre et palettes






