L'herbier des Conservatoire et Jardin botaniques et ses quelque six millions d’échantillons est un des plus importants au monde. Quant au jardin, il abrite de magnifiques collections de plantes vivantes.

Site internet des Conservatoire et Jardin botaniques

L'herbier des Conservatoire et Jardin botaniques et ses quelque six millions d’échantillons est un des plus importants au monde. Quant au jardin, il abrite de magnifiques collections de plantes vivantes.

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Ouverte en 2009, la Médiathèque du FMAC a pour objectif l’encouragement et la diffusion de l’art vidéo à Genève. Elle réunit le Fonds André Iten, l’une des plus riches et importantes collections vidéo de Suisse, ainsi que la collection vidéo du FMAC.

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Avec une collection riche de 25'000 objets illustrant douze siècles de culture céramique, le Musée Ariana compte parmi les grands musées européens spécialisés dans les arts du feu.

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Les Musées d’art et d’histoire forment le plus grand ensemble muséal de Suisse, avec ses cinq musées et leurs 700'000 objets, sa bibliothèque, son laboratoire de recherche et ses ateliers de restauration.

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Haut lieu de la réflexion sur les sociétés humaines, le Musée d'ethnographie de Genève, dont les bâtiments se trouvent au boulevard Carl-Vogt propose au travers de ses expositions une variété de lectures anthropologiques des phénomènes sociaux et culturels qui traversent le monde actuel.

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Le Musée d’histoire naturelle accueille plus de 250'000 visiteurs chaque année à la découverte des millions de spécimens exceptionnels appartenant au patrimoine naturel qu'il conserve. Unique en son genre en Suisse, le Musée d'histoire des sciences - affilié au Muséum - abrite une collection d'instruments scientifiques anciens issus des cabinets des savants genevois du 17e au 19e siècle.

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MEG


Le magazine du MEG   [PDF 11 Mo]

Objet

ETHOC 064815

064815

«Halte à l’alcool», bambou gravé
par l’artiste Micheline Néporon (1955 – )
Nouvelle-Calédonie, Nouméa
Kanak. Début du 21e siècle
Bambou, coton. H 126,7 cm
Acquis de l’artiste à Nouméa en 2008
MEG Inv. ETHOC 064815

Recueillis entre 1850 et 1920, les bambous kanak remontent principalement au 19e siècle et leur production s’est vraisemblablement interrompue vers 1917, date de l’une des grandes révoltes anticoloniales en Nouvelle-Calédonie. Cependant, depuis quelques années, certains artistes kanak se sont réapproprié un support et des techniques traditionnelles pour transcrire des préoccupations et une réalité contemporaines. C’est le cas de Micheline Néporon. Née le 8 octobre 1955 dans la tribu d’Unia, commune de Yaté, non loin de Nouméa, elle est l’une des artistes kanak contemporaines les plus importantes et l’une des premières femmes à se consacrer entièrement à l’art. Elle vit actuellement à Nouméa où elle poursuit sans relâche sa carrière artistique.

Deux événements ont fait sur elle une profonde impression et ont déterminé le cours de sa vie. Tout d’abord, du 3 au 7 septembre 1975, elle a assisté à Mélanésia 2000, le premier festival des arts mélanésiens de Nouvelle-Calédonie, organisé par le leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou. Cette manifestation culturelle qui se proposait de démontrer la force et la richesse de la culture kanak aux Kanak eux-mêmes, mais également aux Européens, a marqué le début de la renaissance de ce peuple. Pour la première fois, leur culture était présentée comme vivante, par opposition à une culture vouée à la disparition. Pour Micheline Néporon, comme pour beaucoup d’autres Kanak, Mélanésia 2000 a été une révélation.

Second événement déterminant dans le parcours de Micheline Néporon: après de nombreux petits boulots dans la restauration, comme femme de ménage ou dame de compagnie, elle a été victime d’une maladie cardiaque qui lui a valu deux mois d’hôpital. Pendant sa convalescence, elle a continué à dessiner comme elle le faisait depuis 1975. Elle a pris alors conscience de sa vocation et décidé de suivre des cours de peinture. En 1983, elle a étudié avec Giovanni Righi à l’Académie de dessin et peinture à Nouméa et en 1985 avec Jean-Pierre (dit Jipé) Le Bars à l’Office Culturel Scientifique et Technique Canaque afin d’apprendre différentes techniques (huile, aquarelle, encre de Chine) et de diversifier les supports. De 1984 à 1985, elle a organisé des ateliers d’art pour les enfants au Centre Récréatif de la jeunesse et a commencé à exposer et à vendre ses œuvres. Elle a été alors remarquée par le directeur de la galerie Galéria, qui organise régulièrement des expositions de ses œuvres depuis 1987. À partir de 1985, elle a commencé à dessiner des motifs inspirés par les bambous gravés qu’elle avait vus pour la première fois au Musée de Nouvelle-Calédonie. Elle a adopté la technique de la gravure et décidé de la mettre en œuvre sur d’autres supports comme la toile, l’écorce de banian, la carte à gratter, tout en utilisant l’aquarelle, l’acrylique et l’encre de Chine.

En 1990, elle a participé à l’exposition collective Ko I Névâ. Sculpteurs et Peintres kanak d’aujourd’hui organisée par l’Agence de développement de la culture kanak. D’abord présentée à Nouméa au Musée de Nouvelle-Calédonie, puis pendant trois mois dans plusieurs endroits à travers le pays, l’exposition questionnait sur la place de la culture kanak et sur son devenir. Micheline Néporon a reçu ensuite une bourse pour poursuivre pendant deux ans ses études à l’École des beaux-arts de Bordeaux et à l’École d’art et d’architecture de Marseille. En marge de l’exposition De jade et de nacre. Patrimoine artistique kanak à Paris en 1990, le Musée en Herbe au Centre Culturel de la Halle Saint-Pierre présenta une exposition sur son travail, Micheline Néporon, artiste kanak. Son séjour en France a marqué pour elle une nouvelle prise de conscience de la richesse de sa propre culture. Comme elle l’écrit: «En plongeant dans la culture occidentale, j’ai senti que j’avais une culture à moi: toute la pensée kanak et la manière de vivre de chez nous».

En 1992, elle a participé au Festival des arts du Pacifique à Rarotonga, dans les îles Cook. Elle fut impressionnée par le travail des artistes d’autres pays, par la variété des techniques utilisées et par leur façon de combiner leur patrimoine avec les nouvelles technologies, médias et messages – en un mot par leur capacité à expérimenter. De retour en Nouvelle-Calédonie, elle a passé un mois à Unia avec sa tribu, prenant part à toutes les activités quotidiennes et aux rituels, notamment ceux liés au deuil ou au mariage. Elle a décidé alors de faire revivre la technique traditionnelle des bambous gravés. Plutôt que de reproduire simplement à l’encre de Chine sur papier les motifs inspirés par des bambous gravés, comme elle le faisait depuis 1985, elle a rendu aux bambous kanak leur fonction primordiale en tant que supports pour des récits et des souvenirs. Pour elle, c’est une façon de renouveler le travail des anciens et de mettre au jour leurs techniques pour exprimer le monde changé des Kanak.

Au cours des trente dernières années, cette artiste a exposé ses œuvres en Nouvelle-Calédonie, en France, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Mali, aux îles Cook et au Vanuatu. Son travail est présenté dans de nombreuses collections privées et publiques, y compris dans le fonds d’art contemporain kanak et océanien au Centre culturel Tjibaou à Nouméa, au MEG et au musée du quai Branly. Elle a développé un style personnel qui montre la coexistence de la tradition et de la modernité mais aussi leurs conséquences sur les modes de vie des Kanak d’aujourd’hui. Inspirées par des modèles qui sont maintenant conservés dans les musées, ses créations reflètent une quête de ses racines tout en témoignant de son besoin de regarder la réalité dans une perspective contemporaine. Elle met les gens et la culture de Nouvelle-Calédonie au centre de son art et travaille à concilier la coutume avec la culture occidentale ; dans ses œuvres, des scènes de femmes autochtones avec leurs enfants et avec les hommes, ou de danse en costume traditionnel cohabitent avec des symboles de la modernité occidentale que sont les téléphones cellulaires, la radio, les bateaux à moteur. Ses œuvres témoignent des valeurs immuables et des fondements de la société kanak, mais elles dénoncent aussi les nouveaux fléaux qui affligent la tribu, le malaise de ses jeunes, les effets néfastes de l’alcool et de la violence. Elle s’inquiète du mal-être des jeunes, des méfaits de l’alcool et du cannabis, et des accidents de la circulation, comme on peut le voir sur l’un des quatre bambous de Micheline Néporon acquis par le MEG. Gravé en 2005et intitulé «Halte à l’alcool» par Micheline elle-même, il raconte une histoire commune qui se répète trop souvent sur les routes, non seulement en Nouvelle-Calédonie, mais partout dans le monde. Elle débute dans une banlieue HLM, décor suggéré par des immeubles dont l’apparence rigide tranche avec le paysage bucolique qu’ils côtoient, où une case traditionnelle rappelle que nous sommes en Nouvelle-Calédonie. En dessous, à côté d’un poste de radio portable crachotant ses décibels, un jeune couple danse, chacun tenant à la main une bouteille que la fille porte à sa bouche. À leurs pieds, des cannettes vides jonchent le sol. La suite de l’histoire montre un minibus encastré contre un arbre: à terre, une personne inanimée se voit prodiguer des soins improvisés par l’un de ses compagnons d’infortune. Deux secouristes accourent, portant un brancard. Un gendarme est également sur place. Un autre véhicule est retourné au pied d’un talus et ses occupants s’en extraient, affolés. Un hélicoptère s’approche. Le terrain, trop accidenté, ne permet sans doute pas d’intervenir autrement que par les airs.

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Droits de reproduction photographique

Les Kanak, premiers habitants de Nouvelle-Calédonie

Un matin de septembre 1774, l’explorateur James Cook découvrit à l’horizon un archipel qu’il nomma Nouvelle-Calédonie, car il évoquait pour lui le paysage de la Calédonie, ancien nom de l’Écosse, son pays d’origine.

Cependant, depuis plus de 3000 ans, ces îles étaient habitées par les Kanak. Malgré la diversité des fonctionnements sociaux et des styles artistiques, ceux-ci ont en commun une étroite relation à la terre et aux ancêtres.

Graver la mémoire

Les bambous gravés figurent parmi les œuvres les plus originales de l’art kanak. Recouverts de motifs géométriques et figuratifs, ils illustrent avec beaucoup de précision et d’adresse les multiples aspects de la vie des Kanak, ainsi que l’irruption des Européens au 19e siècle. Pour leurs détenteurs, ces objets étaient des aide-mémoire visuels, des supports destinés à rappeler un événement important, pour y inscrire leurs impressions et les faire partager à d’autres.

Bien que leur production ait été interrompue aux alentours de 1917, quelques artistes contemporains se sont réapproprié un support et des techniques traditionnels, pour transcrire des préoccupations et une réalité contemporaines.

Ressources

Multimédia

Bibliographie

  • COLOMBO DOUGOUD, Roberta (dir.). 2008. Bambous kanak. Une passion de Marguerite Lobsiger-Dellenbach. Catalogue d'exposition. Gollion: Infolio éditions / Genève: Musée d'ethnographie, coll. Sources et témoignages No 9., 177-178
  • Colombo Dougoud, Roberta. 2014. De la notion de "changement" dans les collections d'objets océaniens. In: Regards sur les collections. Genève: Musée d'ethnographie de Genève, 211, 212