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Tchernobyl - notre douleur
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Exposition du 16 mai au 3 septembre 2006

Tchernobyl - notre douleur

Le 26 avril 1986 à 1h23 mn, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a explosé trois ans après sa mise en service.

L'accident s'est produit lors de la préparation d'un exercice de sûreté qui consistait à tester le fonctionnement d'un nouveau système de refroidissement de secours. Deux raisons essentielles sont à l'origine de cette catastrophe:
-le réacteur de type RBMK présentait plusieurs défauts de conception (notamment dispositifs de contrôle contre les risques d'incendie insuffisants, insertion des barres de contrôle trop lente) qui ont entraîné une perte de contrôle.
-les procédures de sécurité ont été violées par les agents en place. Les systèmes automatiques de sécurité ont été bloqués ce qui a empêché l'arrêt du réacteur.

Ces déficiences techniques et erreurs humaines ont entraîné une augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur et une détérioration importante du combustible, provoquant un réchauffement brutal de l'eau qui s'est vaporisée dans le cœur du réacteur. Une explosion de vapeur s'est produite, à l'intérieur du bâtiment, détruisant partiellement le réacteur et provoquant un incendie.

Le réacteur RBMK (Reaktor Bolchoï Mochnotsti Kanalny) est un réacteur à uranium enrichi qui utilise du graphite et de l'eau légère bouillante comme modérateurs. Il a été développé en raison de sa capacité à produire de fortes quantités de plutonium. Depuis l'accident de Tchernobyl, des programmes d'amélioration de la sûreté de ce type de réacteur ont été entrepris pour remédier aux principales faiblesses techniques. Actuellement, 12 réacteurs de ce type sont en service dont 11 en Russie et 1 en Lituanie.

Principe de la fission: Un noyau d'atome lourd (uranium ou plutonium) est percuté par un neutron, ce qui le scinde en deux nouveaux noyaux plus légers et dégage de la chaleur. Dans ce processus, quelques autres neutrons sont libérés et propagent l'opération: c'est la réaction en chaîne, qui est maîtrisée dans une centrale nucléaire au moyen par exemple de barres de régulation.

La "zone des trente kilomètres"
Après l'explosion de Tchernobyl, une zone d'exclusion de 4000 km2 dite "zone des trente kilomètres" a été définie autour de la centrale. Ce périmètre, encore interdit à toute habitation et pratiques agricoles, est devenue une réserve de vie sauvage.

Les "liquidateurs"
Les "liquidateurs" sont les personnes (employés de la centrale, pompiers, militaires, civils…) qui ont participé, entre 1986 et 1990, à la réalisation des mesures d'urgence: dégager les décombres de la centrale, enfouir les déchets, construire le sarcophage, etc. Leur nombre est estimé à environ 600'000 et ils étaient originaires des différents pays de l'ex-Union soviétique.

Le sarcophage
Le sarcophage désigne la structure de béton et d'acier construite dans les sept mois qui ont suivi l'accident afin de confiner les matières radioactives.
Pour surveiller son comportement, cette construction a été équipée de différents systèmes : capteurs mesurant la température de la structure, la concentration d'hydrogène, sa stabilité, installation d'un circuit de pompage, etc. 
Bâti pour une durée de 20 à 30 ans, le sarcophage présentait dès 1995 plusieurs faiblesses dont notamment une fragilité au niveau du toit. Face aux problèmes, un programme d'une dizaine d'années, financé par le gouvernement ukrainien et un fonds international, a été mis en place. La construction d'un nouveau sarcophage sur le réacteur accidenté est envisagée.

Le nuage de Tchernobyl
L'explosion du réacteur numéro 4 fut suivie d'un incendie qui provoqua un panache de fumée de produits de fission et de débris radioactifs provenant du cœur du réacteur. Les débris les plus lourds se sont déposés à proximité du site alors que les composants les plus légers (principalement des produits de fission) étaient entraînés au gré des vents sur toute l'Europe. Ainsi, le nuage s'est d'abord dirigé vers le nord-ouest de l'Europe puis il s'est réorienté vers le Sud touchant alors une bonne partie de l'Europe centrale ainsi que le nord de la Méditerranée et les Balkans.

L'iode, le césium et le strontium du nuage de Tchernobyl
La fission de l'uranium donne des produits de fission ou nucléides tels que le strontium 90, l'iode 129, l'iode 131, le césium 135 et le césium 137.
L'iode 131 est aisément volatile et extrêmement radioactif. Respiré, il se concentre sur la thyroïde et il est à l'origine de cancers de cette glande sensible qui fixe l'iode. Redoutable dans les semaines qui ont suivi la catastrophe, sa courte période (8,02 jours) a contribué à la diminution rapide du danger.
Par contre, en raison de leurs périodes d'une trentaine d'années, les effets du césium 137, et à un moindre degré ceux du strontium 90 se font encore sentir aujourd'hui. Le césium est 1400 fois moins actif que l'iode 131 mais il a l'inconvénient de disparaître lentement.

La période radioactive ou demi-vie est le temps au bout duquel la moitié des atomes radioactifs initialement présents a disparu par transformation spontanée.

Les pays les plus touchés par la catastrophe de Tchernobyl
Les pays les plus touchés par l'accident de Tchernobyl, c'est-à-dire ceux qui ont subi les plus fortes retombées radioactives sont la Biélorussie (23% de son territoire touché), l'Ukraine (7% de son territoire touché) et la Russie (0,3% du territoire touché).

En juin 2000, les autorités ukrainiennes ont pris la décision d'arrêter définitivement la centrale nucléaire de Tchernobyl le 15 décembre 2000, 23 ans après sa mise en service.
Le réacteur numéro 1 a commencé à produire de l'électricité en 1977 et a été arrêté en 1996. Le numéro 2 a fonctionné entre 1978 et 1999 et le numéro 3 de 1981 à 2000. Les numéros 5 et 6, en construction lors de l'accident de 1986, n'ont jamais été achevés.

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