Vases `Fazzoletti`
Description
L’invention du vase Fazzoletto (mouchoir) remonte à 1932. Elle est due au designer Pietro Chiesa (1892-1948), qui crée la forme pour la maison milanaise Fontana Arte, la baptisant Cartoccio (cornet). Ce modèle, proposé encore aujourd’hui à la vente par Fontana Arte, doit cependant sa renommée à d’autres designers : Fulvio Bianconi et Paolo Venini. Vers 1948-1949, les deux hommes réinterprètent légèrement ses lignes et les associent à des techniques traditionnelles vénitiennes. Le Fazzoletto est dès lors distribué par la maison Venini & C. Son succès auprès du public ne s’est depuis jamais démenti.
Les premiers modèles de Venini font appel à deux procédés différents, parfaitement illustrés par les pièces exposées au Musée Ariana. Le vase est alors soit en verre incamiciato, c’est-à-dire composé de deux couches différentes, dont une au moins est opaque (vases bicolores, ou unicolores avec une couche de verre transparent) ; soit en verre a canne. Dans ce dernier cas, le verrier façonne le vase en faisant fusionner ensemble des cannes de verre, distribuées verticalement. Il alterne alors soit des cannes de verre simples, soit des cannes aux motifs zanfirico (avec des décors géométriques, tels qu’en résille, en papillote, ou encore en ruban).
Les vases mouchoirs ont été déclinés dans de nombreuses techniques, sous des formes et des dimensions multiples, et dans toutes les couleurs. Ils restent aujourd’hui encore l’une des pièces les plus célèbres et les plus populaires de la maison Venini. Au printemps 2011 (année qui voit la célébration du 90e anniversaire de la verrerie), le magasin de la fabrique ne présentait d’ailleurs que des modèles de cette série dans sa vitrine.
Les vases Fazzoletti ont très vite été imités (avec plus ou moins de bonheur) par d’autres verreries. Ils ont été produits aussi bien en Angleterre (par Robert Chance Bros, Birmingham), qu’au Japon (par Fukuoka Multiple Layer Glass). À Murano, dans les années 1950, les maisons Aureliano Toso (avec le designer Dino Martens) et Fratelli Toso en ont également réalisé plusieurs modèles. Les pièces n’étant pas systématiquement signées, il est souvent difficile de différencier le travail de chacun.
Passé à la postérité, le Fazzoletto est exposé dans de nombreux musées. Il est notamment entré dans la collection permanente du Musée d’art moderne de New York, où il est présenté en tant qu’exemple de design italien des années 1950.
Les premiers modèles de Venini font appel à deux procédés différents, parfaitement illustrés par les pièces exposées au Musée Ariana. Le vase est alors soit en verre incamiciato, c’est-à-dire composé de deux couches différentes, dont une au moins est opaque (vases bicolores, ou unicolores avec une couche de verre transparent) ; soit en verre a canne. Dans ce dernier cas, le verrier façonne le vase en faisant fusionner ensemble des cannes de verre, distribuées verticalement. Il alterne alors soit des cannes de verre simples, soit des cannes aux motifs zanfirico (avec des décors géométriques, tels qu’en résille, en papillote, ou encore en ruban).
Les vases mouchoirs ont été déclinés dans de nombreuses techniques, sous des formes et des dimensions multiples, et dans toutes les couleurs. Ils restent aujourd’hui encore l’une des pièces les plus célèbres et les plus populaires de la maison Venini. Au printemps 2011 (année qui voit la célébration du 90e anniversaire de la verrerie), le magasin de la fabrique ne présentait d’ailleurs que des modèles de cette série dans sa vitrine.
Les vases Fazzoletti ont très vite été imités (avec plus ou moins de bonheur) par d’autres verreries. Ils ont été produits aussi bien en Angleterre (par Robert Chance Bros, Birmingham), qu’au Japon (par Fukuoka Multiple Layer Glass). À Murano, dans les années 1950, les maisons Aureliano Toso (avec le designer Dino Martens) et Fratelli Toso en ont également réalisé plusieurs modèles. Les pièces n’étant pas systématiquement signées, il est souvent difficile de différencier le travail de chacun.
Passé à la postérité, le Fazzoletto est exposé dans de nombreux musées. Il est notamment entré dans la collection permanente du Musée d’art moderne de New York, où il est présenté en tant qu’exemple de design italien des années 1950.
Bibliographie & source(s)
HEIREMANS Marc, Art glass from Murano (1910-1970) / Glas-Kunst aus Murano (1910-1970), Arnoldsche, Stuttgart, 1993, 376 p., p. 260 et 356 ; Gli Artisti di Venini : per una storia del vetro d’arte veneziano, Fondazione Giorgio Cini (Isola di San Giorgio Maggiore / Venezia), 24 aprile – 7 luglio 1996, Electa, Milano, 1996, 234 p., p. 113 et 193-194 ; DEBONI Franco, Le Verre Venini, Umberto Allemandi & C., Torino, 1989, 220 p., p. 219 ; « http://www.fontanaarte.it » ; PIÑA Leslie, Italian glass : century 20, Schiffer publishing Ltd., 2003, 239 p., p. 81, 84-86 et 97 ; PIÑA Leslie, Fratelli Toso : italian glass (1854-1980), Schiffer publishing Ltd., 2004, 224 p., p. 70-74 ; COOKE Frederick, Glass : twentieth-century design, E. P. Dutton, New York, 1986, 112 p., p. 100-101.
Manufacture Venini (1921 – )
L'histoire de la firme Venini débute en 1921, lorsque l'antiquaire vénitien Giacomo Cappellin et l'avocat d'origine milanaise Paolo Venini (1895-1959) fondent, avec deux autres associés (Luigi Ceresa et Emilio Ochs), la maison Vetri Soffiati Muranesi Cappellin Venini & C. Ils en confient la direction artistique à Vittorio Zecchin, talentueux peintre et designer, à qui ils devront leurs premiers succès. Après seulement quatre ans d'activité, ils choisissent de se séparer. Paolo Venini et Emilio Ochs conservent la verrerie, la rebaptisant Vetri Soffiati Muranesi Venini & C. Ils s'assurent dès lors les services du sculpteur milanais Napoleone Martinuzzi, promu nouveau directeur artistique, qui introduira notamment le verre pulegoso (bulleux) en 1928.
Paolo Venini a toujours su s'entourer des meilleurs artistes. La renommée de la firme doit beaucoup au génie créateur des multiples designers qui s'y sont succédés. Tous ont activement participé à l'élaboration d'un style Venini, et plus généralement au rayonnement du style Novecento. Après Vittorio Zecchin entre 1921 et 1925, et Napoleone Martinuzzi entre 1925 et 1932, ce sont les architectes et designers Tommaso Buzzi (1900-1981), puis Carlo Scarpa (1906-1978) qui héritent successivement de la direction artistique de la société, devenue Venini & C. en 1929. De 1934 à 1946, Carlo Scarpa maintient ainsi la firme dans la modernité, anticipant même les goûts futurs. Paolo Venini n'est pas de reste, créant lui aussi, dès les années 1930, des pièces saluées par la critique.
Après la guerre, Paolo Venini appelle de nombreux artistes à venir travailler avec lui (comme les Italiens Fulvio Bianconi, Gio Ponti et Tobia Scarpa), initiant également la tradition des collaborations internationales avec Tyra Lundgren (Suède) et Ken Scott (États-Unis d'Amérique). En 1959, après son décès, la firme est reprise par son beau-fils Ludovico Diaz de Santillana, qui multiplie à son tour les collaborations extérieures.
L'entreprise Venini est indissociable de l'île de Murano et du verre vénitien. Elle en est la vitrine à l'étranger. Ses vases Mouchoirs (Fazzoletti), imaginés par Fulvio Bianconi en 1949 et déclinés depuis sous diverses formes, sont d'ailleurs l'une des pièces les plus typiques et les plus populaires de sa production.
La maison Venini & C. a été vendue une première fois en 1985. Elle est aujourd’hui la propriété du groupe Italian Luxury Industries. Depuis 1988, elle porte le nom Venini S.p.a.
Bibliographie & source(s)
VENINI DIAZ DE SANTILLANA Anna, Venini : catalogo ragionato 1921-1986, Skira, Milano, 2000, 320 p. ; DEBONI Franco, Le Verre Venini, Umberto Allemandi & C., Torino, 1989, 220 p. ; LESLEY Jackson, 20th Century factory glass, Mitchell Beazley, London, 2000, 256 p., p. 213-217 ; BAROVIER MENTASTI Rosa, Vetri veneziani del '900 : la collezione della Cassa di Risparmio di Venezia : Biennali 1930-1970, Marsilio, Venezia, 1994, 169 p., p. 161-162 ; BAROVIER Marino, Venetian art glass : an American collection (1840-1970), Arnoldsche, Stuttgart, 2004, 352 p., p. 225 ; « http://www.venini.com ».
Designer Fulvio Bianconi (Padoue, 1915 – Milan, 1996)
Fulvio Bianconi découvre Venise en 1920, lorsque sa famille vient s’y établir. En 1930, à l’âge de quinze ans, il vit sa première expérience avec le verre, en tant que peintre décorateur en émail, sous la direction de Michele Pinto, fournisseur de la maison Salviati & C. Entre 1931 et 1934, il fréquente successivement l’Institut national d’art Carmini et l’Académie des Beaux-Arts de Venise, exerçant parallèlement diverses activités rémunérées, dont celles de dessinateur de verreries pour un atelier de la Madonna dell’Orto (1931), et de caricaturiste dans divers hôtels. À partir de 1935, il travaille à Milan comme graphiste et illustrateur (notamment pour les maisons d’édition Mondadori, Rizzoli et Garzanti), professions qu’il continuera à pratiquer tout au long de sa vie.
Après la guerre, il se rend à plusieurs reprises à Murano pour se documenter sur les techniques du verre. Il y fait la connaissance de Paolo Venini en 1946, rencontre décisive qui initiera une longue carrière en tant que designer du verre. Pressentant le potentiel du jeune artiste, Paolo Venini décide en effet de l’engager. Dès 1948, Fulvio Bianconi devient l’un de ses principaux collaborateurs, et ce jusqu’au milieu des années 1950. Ses créations connaissent immédiatement un grand succès et participent, dans cette période d’après-guerre, au renouveau de la maison Venini : personnages de la Commedia dell’Arte (1948), vases mouchoirs ou Fazzoletti (1949), série Macchie (1950), vases Pezzati (1951), etc.
Son talent reconnu, il poursuit une activité de designer indépendant, travaillant en même temps pour d’autres verriers, tels que Cenedese (1958), Vistosi (1963), Galliano Ferro (1966), Seguso (1978) ou encore Toso (1983). Il collaborera en outre à nouveau avec la maison Venini en 1967 et en 1989.
Les œuvres de Fulvio Bianconi ont été présentées lors de nombreuses expositions (Milan, Paris, Vérone, Venise, Rome, etc.).
Il ouvre son propre atelier à Milan, en 1971.
Bibliographie & source(s)
BOSSAGLIA Rossana, I Vetri di Fulvio Bianconi, U. Allemandi, Torino, 1993, 142 p. ; PIÑA Leslie, Italian glass : century 20, Schiffer publishing Ltd., 2003, 239 p., p. 18 ; DEBONI Franco, Le Verre Venini, Umberto Allemandi & C., Torino, 1989, 220 p., p. 52 ;BAROVIER MENTASTI Rosa, Vetri veneziani del '900 : la collezione della Cassa di Risparmio di Venezia : Biennali 1930-1970, Marsilio, Venezia, 1994, 169 p., p. 151-152 ; L’Arte del vetro. Silice e fuoco : vetri del XIX e XX secolo, cat. expo. (Roma, Palazzo delle Esposizioni, 1992), Marsilio, Venezia, 1992, 363 p., p. 336 ; La Verrerie européenne des années 50, cat. expo. (Marseille / Centre de la Vieille Charité / 31 mars – 12 juin 1988), Michel Aveline éditeur, Marseille, 1988, 160 p., p. 92 ; HEIREMANS Marc, Murano glas : themes and variations (1910-1970), Arnoldsche, Stuttgart, 2002, 223 p., p. 208 ; COCCHI Maurizio, Vetri di Murano del ‘900 : 50 capolavori, IN.ARTE, Milano, 1991, 124 p., p. 114 ; RICKE Helmut & SCHMITT Eva, Italienisches Glas : Murano-Mailand (1930-1970), die Sammlung der Steinberg Foundation, cat. expo. (Kunstmuseum Düsseldorf, 10 novembre 1996 au 26 janvier 1997 / Corning Museum of Glass, Corning NY, 19 avril au 26 octobre 1997 / Hokkaido Museum of Modern Art, Sapporo, 25 avril au 31 mai 1998, etc.), Prestel, München, 1996, 351 p., p. 318-319 ; Venetian glass : the Nancy Olnick and Giorgio Spanu collection, cat. expo. (New York, Fall 2000, The American Craft Museum), Charta / Milano, American Craft Museum / New York, 2000, 249 p., p. 238.
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