Vase `Barbarico`
Description
Tout au long des années 1950, Ercole Barovier poursuit sans relâche ses expérimentations sur la technique de la coloration à chaud sans fusion. Ses recherches aboutissent ponctuellement à de nouvelles collections, dont les : Basalto (1950), Barbarici (1951), Aborigeni et Diafani (1954), Cobaltei (1956), Nuragici (1957), etc.
La série Barbarico (ou Barbariche) est présentée pour la première fois en 1951, d’abord lors de l’Exposition internationale du verre tenue au Pavillon de Marsan à Paris, puis à la Triennale de Milan. Le succès est immédiat, et conduit à la faire apparaître dans plusieurs articles de l’époque. Tant ses formes archaïques que son originale matière bronzée interpellent les critiques.
Ercole Barovier obtient cette surface très particulière en couvrant la masse vitreuse incandescente d’oxydes métalliques. Après cuisson (sans fusion), la couche se craquelle et donne un verre opaque et rugueux au toucher. En 1952, Ercole Barovier aura encore l’idée d’ajouter des feuilles d’or au procédé, créant ainsi une variante, appelée Barbarici aurati.
La production de verres Barbarici semble avoir été limitée à une centaine de pièces. D’autres séries de chez Barovier & Toso emprunteront ou réinterpréteront par la suite leurs formes, à l’exception des vases zoomorphes avec oiseau(x) stylisé(s), typiques de cette collection.
La série Barbarico (ou Barbariche) est présentée pour la première fois en 1951, d’abord lors de l’Exposition internationale du verre tenue au Pavillon de Marsan à Paris, puis à la Triennale de Milan. Le succès est immédiat, et conduit à la faire apparaître dans plusieurs articles de l’époque. Tant ses formes archaïques que son originale matière bronzée interpellent les critiques.
Ercole Barovier obtient cette surface très particulière en couvrant la masse vitreuse incandescente d’oxydes métalliques. Après cuisson (sans fusion), la couche se craquelle et donne un verre opaque et rugueux au toucher. En 1952, Ercole Barovier aura encore l’idée d’ajouter des feuilles d’or au procédé, créant ainsi une variante, appelée Barbarici aurati.
La production de verres Barbarici semble avoir été limitée à une centaine de pièces. D’autres séries de chez Barovier & Toso emprunteront ou réinterpréteront par la suite leurs formes, à l’exception des vases zoomorphes avec oiseau(x) stylisé(s), typiques de cette collection.
Bibliographie & source(s)
DORIGATO Attilia, Ercole Barovier (1889-1974) : vetraio muranese, Marsilio, Venezia, 1990, 151 p., p. 27-28, et 138-139 ; GRAND P.-M., « Verrerie », Art & décoration, librairie centrale des beaux-arts, Paris, n° 24 (août 1951), p. 1-9, p. 8 ; CHAVANCE René, « L’Art du verre au pavillon de Marsan », Mobilier et décoration (arts, jardins, maisons), 31e année, n° 1 (1951), p. 25-54, p. 42 ; PONTI Gio, « I Vetri italiani alla Triennale », Domus (rivista mensile di architettura, arredamento, arte), Milano, n° 262, oct. 1951, p. 26-37, p. 34 ; BAROVIER Marino, Venetian art glass : an American collection (1840-1970), Arnoldsche, Stuttgart, 2004, 352 p., p. 32-33 et 147 ; La Verrerie européenne des années 50, cat. expo. (Marseille / Centre de la Vieille Charité / 31 mars – 12 juin 1988), Michel Aveline éditeur, Marseille, 1988, 160 p., p. 88-89 ; HEIREMANS Marc, Art glass from Murano (1910-1970) / Glas-Kunst aus Murano (1910-1970), Arnoldsche, Stuttgart, 1993, 376 p., p. 50 ; BAROVIER Marina, L’Arte dei Barovier : vetrai di Murano (1866-1972), Fondazione scientifica Querini Stampalia (Venezia, 12 marzo – 18 aprile 1993), Arsenale, Venezia, 1993, 213 p., p. 22 et 159 ; L’Arte del vetro. Silice e fuoco : vetri del XIX e XX secolo, cat. expo. (Roma, Palazzo delle Esposizioni, 1992), Marsilio, Venezia, 1992, 363 p., p. 260 ; COCCHI Maurizio, Vetri di Murano del ‘900 : 50 capolavori, IN.ARTE, Milano, 1991, 124 p., p. 9 et 74-75 ; Luci e trasparenze : vetri storici di Ercole Barovier (1889-1974), Museo Miniscalchi-Erizzo (Verona, 25 novembre 1994 – 8 gennaio 1995), Fondazione Museo Miniscalchi-Erizzo, Verona, 1994, 70 p., p. 65.
Manufacture Barovier & Toso (1935 – )
La firme Barovier & Toso est née en 1935, de la fusion de deux verreries vénitiennes : la Vetreria Artistica Barovier & C. (1919-1935), dirigée par Ercole Barovier ; et la S.A.I.A.R. (Società Anonima Italiana Arti Riunite) Ferro Toso & C. (1902-1935), dirigée par Decio et Artemio Toso. Dans la région, le nom des familles Barovier et Toso était cependant déjà lié depuis des siècles au travail ou au commerce du verre (respectivement depuis les XIVe et XVIIe siècles). Les maisons Fratelli Toso et Fratelli Barovier existaient en outre depuis 1854 et 1883.
D’abord baptisée Ferro Toso Barovier & C., puis Barovier Toso & C. dès 1938, la firme prit son nom actuel, Barovier & Toso, en 1942. Ercole Barovier (1889-1974) en assura l’administration et la direction artistique jusqu’en 1972, avant que ne lui succède son fils Angelo (1927), rejoint en 1975 par Mario Toso. La verrerie est aujourd’hui toujours propriété de descendants des familles Barovier et Toso.
Riche des expériences et succès liés aux deux entreprises fondatrices, et portée par le génie créateur d’Ercole Barovier, la nouvelle entité devint immédiatement une référence incontournable à Murano et à l’étranger. Sa production, régulièrement récompensée par de prestigieux prix, fut longtemps dominée par les pièces imaginées par son directeur artistique. Depuis les années 1970, la maison Barovier & Toso s’est toutefois diversifiée, en s’assurant la collaboration de nombreux designers, tels que : Toni Zuccheri, Renato et Giusto Toso, ou encore Matteo Thun ; puis plus tard, Sergio Calatroni, Steve Chase, Marco Mencacci, Hiroyuki Toyoda, Luca Scacchetti, etc.
En 1995, la maison Barovier & Toso a ouvert son propre musée à Murano, y exposant plus de 250 pièces (couvrant les années 1880 à 1970), et mettant à la disposition des chercheurs ses archives, comprenant, outre des photographies et des documents divers, plus de 22.000 dessins originaux d’Ercole Barovier.
Bibliographie & source(s)
BAROVIER MENTASTI Rosa, Vetri veneziani del '900 : la collezione della Cassa di Risparmio di Venezia : Biennali 1930-1970, Marsilio, Venezia, 1994, 169 p., p. 158 ; HEIREMANS Marc, Murano glass : themes and variations (1910-1970), Arnoldsche, Stuttgart, 2002, 223 p., p. 185-186 ; « http://www.barovier.com » ; PIÑA Leslie, Italian glass : century 20, Schiffer publishing Ltd., 2003, 239 p., p. 11 ; La Verrerie européenne des années 50, cat. expo. (Marseille / Centre de la Vieille Charité / 31 mars – 12 juin 1988), Michel Aveline éditeur, Marseille, 1988, 160 p., p. 85 ; HEIREMANS Marc, Art glass from Murano (1910-1970) / Glas-Kunst aus Murano (1910-1970), Arnoldsche, Stuttgart, 1993, 376 p., p. 35 ; HEIREMANS Marc, 20th Century Murano glass : from craft to design, Arnoldsche, Stuttgart, 1996, 231 p., p. 214-215 ; L’Arte del vetro. Silice e fuoco : vetri del XIX e XX secolo, cat. expo. (Roma, Palazzo delle Esposizioni, 1992), Marsilio, Venezia, 1992, 363 p., p. 351-352.
Designer Ercole Barovier (Murano, 1889 – 1974)
Ercole Barovier est le descendant d’une des plus anciennes familles de souffleurs de verre de Murano (son ancêtre, Angelo Barovier, était ainsi parvenu, autour de 1450, à obtenir un verre incolore et transparent, nommé cristallo, eu égard à sa ressemblance avec le cristal de roche). Après avoir étudié la médecine à Venise, et avoir servi son pays pendant la guerre, Ercole Barovier rejoint en 1919 l’entreprise familiale Artisti Barovier. Il en assure simultanément la direction artistique, puis la gestion, dès le milieu des années 1920. En 1936, il s’associe avec les frères Decio et Artemio Toso, propriétaires de la maison Ferro-Toso, pour ouvrir une nouvelle verrerie, rebaptisée Barovier & Toso en 1942, et dont il assurera la direction artistique jusqu’en 1972.
Designer très inspiré, Ercole Barovier était l’âme créatrice de l’entreprise. En un demi-siècle (entre 1922 et 1972), il créa plus de 23.000 (!) modèles différents. S’il ne soufflait pas lui-même le verre, il s’intéressa par contre très tôt à ses aspects techniques, inventant un grand nombre de procédés de fabrication, et participant ainsi activement au renouveau de cet art durant le XXe siècle. Citons en exemple sa coloration à chaud sans fusion, qu’il breveta en 1936, et dont il se servit pour créer des pièces à succès, telles que les vases Crepusculo et Gemmati (1935-1936), ou la série des Barbarici (1951).
Ercole Barovier a été récompensé à de nombreuses reprises pour son travail. Artiste incontournable, ses œuvres ornent les collections des plus prestigieux musées, et ont en outre été présentées à l’occasion de grandes expositions consacrées au verre contemporain.
Son fils Angelo (né en 1927), a perpétué la tradition en entrant chez Barovier & Toso comme designer, et en reprenant la société au décès de son père.
Bibliographie & source(s)
DORIGATO Attilia, Ercole Barovier (1889-1974) : vetraio muranese, Marsilio, Venezia, 1990, 151 p ; BAROVIER Marina, L’Arte dei Barovier : vetrai di Murano (1866-1972), Fondazione scientifica Querini Stampalia (Venezia, 12 marzo – 18 aprile 1993), Arsenale, Venezia, 1993, 213 p. ; La Verrerie européenne des années 50, cat. expo. (Marseille / Centre de la Vieille Charité / 31 mars – 12 juin 1988), Michel Aveline éditeur, Marseille, 1988, 160 p., p. 88.
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