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Junqueira, Paola (São Paulo/Brésil, 1963)


Sans titre, 1993 - 1994
Sculpture dans l'espace public
Acier et acier inoxydable poncés, bois verni, teck verni, plexiglas assemblé et soudé socle en acier
Diam.: 8.9 cm bas; diam.: 17 cm bas; haut.: 582 cm
Acquis en 1994

Localisation : Rue de Lausanne, parc Barton

[n° inv 1994-001]

Collection du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève (FMAC)



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Crédits photographiques : Paola Junqueira
 

L'œuvre de Paola Junqueira a été conçue pour le parc Barton à l'occasion de l'exposition "Climat 93". Cette pièce, "destinée aux enfants, à leurs rêves, à leur imaginaire", contient une forte dimension poétique : l'artiste y forme le vœu que "chaque enfant puisse avoir un "arbre" dans sa vie pour que se renforce le dialogue entre l'être humain et la nature."
Faisant écho à cette idée, une inscription taillée dans le bois, comme on taille dans l'écorce : "Quand j'étais petite, j'ai connu un arbre très différent, il avait un tronc fort résistant et ses branches étaient tellement entrelacées, tellement tordues que chaque enfant pouvait y trouver sa place. Son étrange silhouette abritait tous les sentiments du monde. Les enfants se sont bercés des heures et des heures au sein de son feuillage, en suspens, détachés du temps, franchissant les mers à travers leurs pensées."
Cette histoire, proche du conte pour enfants mais destinée aux adultes, prône le dialogue entre l'homme et son environnement naturel, un rapport perdu, selon l'artiste, qu'il faut retrouver à tout prix.
D'une hauteur de presque six mètres, cette œuvre s'élève tel un totem. La verticalité de la sculpture ainsi que son caractère très lisse et épuré donnent l'image d'un tronc sans branches. Un arbre mort ? Non, mais dépouillé de ses "bras" qui accueillaient jadis les enfants pour les "bercer". L'emploi du métal, matériau industriel, pour symboliser ce tronc mime la dénaturation du rapport de l'homme à ce dernier, comme si l'être humain avait perdu son lien à l'arbre et, par là même, à la nature.
L'arbre, conçu comme protecteur, prend une dimension presque maternelle, qui renforce l'idée de retour à l'enfance et à la nature. Junqueira fait par là même une tentative désespérée de renouer avec ce premier âge tout en exprimant ses préoccupations écologistes. En somme, cette œuvre nous projette dans le monde imaginaire de l'artiste, nous ouvre à sa sensibilité, pour finalement nous confronter à une réalité autrement moins lyrique, celle de la société moderne.