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Biemann, Ursula (Zurich/Suisse, 1955)


Subatlantic, 2015
Essai vidéo
Vidéo PAL, couleur, mono, anglais non sous-titré
Durée : 11'
Acquis en 2015

[n° inv 2015-041]

Collection du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève (FMAC)



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Ursula Biemann est née en 1955 à Zürich, où elle vit et travaille. Elle a étudié à la School of the Museum of Fine Arts, Boston, à l'Instituto de Bellas Artes, Mexico, à la School of Visual Arts, New York, et au Whitney Independent Study Program, New York. Plasticienne, vidéaste, curatrice et théoricienne, elle aborde, via divers types de discours et de médias, les conséquences économico-sociales, sexuelles et environnementales du capitalisme sous sa forme mondialisée. À la suite des recherches de Michel Foucault sur les hétérotopies et la biopolitique, Ursula Biemann étudie les espaces extra-territoriaux, zones franches et lieux de passage, dans lesquels évoluent des individus géopolitiquement délégitimés. Ces espaces, frontières en tout genre - usines limitrophes, camps de réfugiés, bidonvilles -, sont non seulement filmés, mais également objectivés au moyen d'outils empruntés aux sciences humaines et sociales. Ainsi, les textes analytiques, qui font partie intégrante de l'activité d'Ursula Biemann, viennent appuyer les images. Ce que vise l'artiste-théoricienne, c'est la description anti-médiatique du transit des hommes et des biens. Attentive aux circuits réels de la globalisation, elle réinscrit les événements de domination dans leurs durées et leurs structures effectives. La déspectacularisation de l'exploitation et de la misère mondiales est explicitement revendiquée, visant à passer de la temporalité du flash télévisé à celui de l'étude de cas, à abandonner l'esthétique du climax pour entrer dans un récit de la structure. Ainsi, l'image articulée au discours devient, chez Ursula Biemann, « géographie visuelle ». Bien que, de fait, sa pluridisciplinarité mette en cause la séparation traditionnelle des disciplines (sciences d'un côté, beaux-arts de l'autre), Ursula Biemann insiste sur l'aspect proprement artistique de sa démarche. C'est au final sur la scène muséale que se joue l'affaire, là où images et discours convergent vers leur destinataire. L'espace d'exposition devient le lieu de rencontre démocratique entre l'émetteur de la critique et le public.
Hamid Taieb