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Porte, élément



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Verrou à tête de lion

Époque ptolémaïque

ép.: 6.2 cm section centrale carrée; haut. max.: 7.8 cm; larg. max.: 9.1 cm; long.: 29.5 cm; long.: 18.5 cm section centrale carrée; poids: 3.624 kg

Découverte : Lieu de découverte indéterminé ; circonstances indéterminées

N° d'inventaire A 2008-0001

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  • Le lion est souvent considéré comme le gardien des édifices importants : c'est pourquoi les verrous égyptiens adoptent l'iconographie du félin.
  • Pour qui relit les Enquêtes d'Hérodote, voyageur grec qui vécut au Ve siècle avant J.-C. (qui passe bien souvent pour le « père » de l'histoire et de la géographie), les Égyptiens faisaient toute chose à l'envers, du moins du point de vue qui était le sien. Ce verrou de porte ne lui donnera pas tort. Même si, comme en Grèce ou à Rome, la plupart des espaces étaient clos au mieux par un simple rideau, les anciens Égyptiens n'ont jamais conçu de porte à vantail unique qui aurait intégré une serrure, contrairement à nos habitudes.
  • Ils choisirent en effet d'insérer le verrou dans les éléments maçonnés de la porte, à l'intérieur même d'un des piédroits, quelques centimètres au-delà de la feuillure, et non sur le vantail lui-même. On ne pouvait ainsi fermer la porte que dans un sens (généralement de l'intérieur), en rabattant le vantail devant soi, et en tirant ensuite le verrou de son logement pour bloquer l'huis. Les rares verrous retrouvés (on en dénombre moins d'une quinzaine) se présentent comme une tige, ornée d'une face et d'un arrière train en forme de lion ou de lionne, qui vient buter contre l'extrémité de la glissière placée dans le logement. Une chaînette pend de leur gueule, ce qui facilitait le mouvement de clôture. Dans quelques édifices religieux, des textes encadrent la serrure : ce sont essentiellement des formules de menaces. Le fauve se déclare prêt à anéantir quiconque transgresserait la porte qu'il protège. Sphinx et lions étaient volontiers représentés sur les accès extérieurs des lieux les plus sacrés. Plus pragmatiquement, on suppléait à la magie des textes en apposant un sceau qui pouvait témoigner de l'intégrité du lieu.
  • Les portes à doubles vantaux se fermaient quant à elles de l'intérieur, en engageant une traverse qui prenait appui sur chaque élément.
  • Il n'est guère aisé de savoir quel type de portes protégeait le verrou des Musées d'art et d'histoire. Son poids (près de 4 kg) en fait un élément plus respectable que des verrous d'iconographie similaire, mais en bois, retrouvés in situ dans des maisons de l'oasis du Fayoum, mais éloigné aussi des très lourds verrous en bronze, ornés des mêmes caractéristiques, recueillis dans les grands temples des époques tardives. En tout état de cause, sa matière (métal) et la qualité de sa finition indiquent un usage, civil ou religieux, dans les hautes sphères de la société.
  • On remarque plusieurs traces de chocs sur le côté droit de ce verrou. Elles ne sont pas d'une interprétation aisée. À supposer que ces dégradations se soient produites alors que le vantail qu'il fermait était clos, cela pourrait signifier que des coups violents ont été portés contre une porte bardée d'éléments métalliques qui auront laissé leurs marques contre la tige. On peut aussi supposer une négligence, un vantail laissé ouvert alors que le verrou était tiré, que le vent ou d'éventuels interlocuteurs mécontents auraient rabattu sur leur passage.
  • — Chappaz, Jean-Luc, Enrichissements du Département d'archéologie en 2008. Collections égyptiennes pharaoniques et du Soudan ancien, dans Genava, n.s., t. 57 (2009), p. 205-208, 2009. , pp. 205-208
    — Chappaz, Jean-Luc, Gare aux transgresseurs de porte !, dans Tribune des Arts, 390, 2011, , p. 43, p. 43
    — Christie's, Antiquities, Including property from the Collection of the Princely House of Lichtenstein. Londres, 2008., p. 122, n° 152