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Beckman, Ericka (Hempstead, New York/Etats-Unis d'Amérique, 1951)


Cinderella, 1986
Film 16 mm numérisé
Film 16mm transféré sur vidéo HD, couleur, son mono
Format de l'image vidéo: 4:3; larg.: 450 cm (largeur minimale approximative); Durée : 28' (en boucle, écran noir de 5 secondes entre chaque boucle)

Acquis en 2020

[n° inv 2020-017]

Collection du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève (FMAC)



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Comme d'autres artistes de la Pictures Generation, Ericka Beckman met à l'épreuve les représentations des médias. Ses films confrontent les signes emblématiques de la culture populaire aux actions concrètes du quotidien. À partir de dessins préparatoires, l'artiste met en scène des actes performatifs sur des plateaux de jeu. Rythmées par les musiques de Brooke Halpin, des dynamiques insolites se déploient, en contrepoint aux comportements cadrés par la compétition sportive.
Avec "Cinderella", Ericka Beckman observe comment les motifs culturels et anthropologiques de Cendrillon se transforment au cours des diverses versions. En contrepoint au célèbre dessin animé, l'artiste propose une relecture féministe du conte. D'abord exploitée par le patron d'une forge, la protagoniste est au service de l'usine qui fabrique les poupées auxquelles s'identifient les jeunes filles. En parallèle aux activités laborieuses qui retracent l'histoire de l'industrialisation, le temps des loisirs est structuré par la trame d'un jeu vidéo. Bien que l'interface soit interactive, les opérations ludiques incitent Cendrillon à se conformer aux projections masculines. Alors qu'elle échoue à toutes les parties, elle trouve sa propre voie dans le chant et la danse. Dans ce film, Ericka Beckman se réapproprie le registre de la comédie musicale pour subvertir les formes standardisées du divertissement. Ses techniques d'animation inventives ouvrent un imaginaire, avec une autre économie de production que la modélisation digitale.

Geneviève Loup