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Ding, Emilie (Fribourg/Suisse, 1981)


Ice Cream Man on Edge, 2010
Dessin
Graphite et crayon noir sur papier Papier satiné aquarelle
Dimensions: 81 x 210 cm (la feuille); dimensions: 85 x 214.5 x 6.5 cm (avec cadre)

Acquis en 2010

[n° inv 2010-048]

Collection du Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève (FMAC)



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Crédits photographiques : Annik Wetter Photographie, Annik Wetter, Les Acacias
 

L'artiste suisse Émilie Ding, née à Fribourg en 1981, s'inspire de l'architecture moderne du XXe siècle pour son travail de dessin et du génie civil pour ses sculptures. Alors que son œuvre graphique, de larges dessins en noir et blanc de formes élémentaires représentées seules ou en série, est issue de l'abstraction d'éléments architecturaux, ses sculptures en béton et acier empruntent à l'architecture non pas son aspect plastique ou géométrique mais plutôt sa dimension structurelle et statique.

"Ice Cream Man on Edge" (2010), réalisé à partir d'un dessin vectoriel, plonge le spectateur dans un monde infini en noir et blanc. Contrairement aux dessins de l'Optical Art, ceux d'Émilie Ding comportent un point de fuite ou une ligne de courbure qui déforme la trame, et ce sont ces détails qui accentuent l'effet immersif du format panoramique. Ses grilles en relief semblent s'inspirer de façades rationnelles exposées au soleil : il pourrait autant s'agir de bossages appartenant aux palais de la Renaissance que d'éléments en béton préfabriqué, comme des claustras ou des brise-soleil, issus d'immeubles du mouvement moderne. Toutefois, un certain degré d'abstraction empêche de déterminer avec certitude si les éléments sont en saillie ou en retrait et il demeure impossible d'en définir l'échelle.

En s'interrogeant sur le titre, littéralement : « Vendeur de glaces sur le vif », l'on apprend qu'il s'agit d'un morceau composé par le réalisateur de films de science-fiction et d'horreur John Carpenter dans les années 1970. De plus, les autres tableaux de ce genre, réalisés entre 2009 et 2010, comportent également des titres volontairement éclectiques comme "Gamma" (2009) ou "La disparition de Vogt" (2010), qui renvoient à des références personnelles de l'artiste – souvent issues du genre fantastique – nourrissant les dessins respectifs. Dès lors, les possibilités d'interprétation vont au-delà de l'architecture réelle : l'artiste prolonge le vertige inspiré par ses dessins vers les mondes infinis et parallèles de la science-fiction.

Lloyd Broda

Bibliographie et sources :

Ding, Emilie. "Sketchbook" Genève : Atelier Berlin Editions, 2016.

Perret, Mai-Thu ; Ding, Émilie et Gross, Samuel. "Emilie Ding". Cahier d'artiste 2013. Luzern ; Poschiavo : Edizioni Periferia ; Zürich : Pro Helvetia, 2013.

Gross, Samuel, and Musée de l'Athénée . Salle Crosnier. "Erased : [Emilie Ding : Société des Arts de Genève, Palais de L'Athénée, Salle Crosnier, 31 mars Au 2 mai 2010." Les Cahiers de La Classe des Beaux-arts, Société des Arts Genève 189. Genève : Société des Arts De Genève, Classe des Beaux-arts, 2010.

Munder, Heike ; Trummer, Thomas. "Displaced Fractures : On the Break Lines of Architecture and Its Bodies". Zurich : Migros Museum Für Gegenwartskunst ; Munich : Siemens Stiftung ; Zurich : Distributed by JRP/Ringier, 2011

Le Corbusier, "Vers une architecture". Paris : Les Éditions G. Crès et Cie, 1923