Les personnes LGBTIQ+ ont le droit de se sentir libres et en sécurité. Partout. En tout temps.

Alfonso Gomez
© Demir Sönmez

Malgré les progrès indéniables que constituent l’extension de la norme pénale anti-raciste à l'homophobie, la facilitation du changement de sexe à l’état civil, et, bientôt je l’espère, l’ouverture du mariage et de la procréation médicalement assistée aux couples de même sexe, les discriminations à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes, queers ou appartenant à d’autres minorités de genre ou de sexualité (LGBTIQ+) sont encore nombreuses.

L’accès libre et sûr à l’espace public demeure un enjeu majeur pour les personnes LGBTIQ+, comme le montrent les données rassemblées dans le cadre de deux projets récents, soutenus par la Ville de Genève. Les témoignages de femme-x-s lesbienne-x-s et bisexuelle-x-s recueillis dans l’enquête menée dans le cadre du plan d’action « Objectif zéro sexisme dans ma ville » ou ceux des couples et familles arc-en-ciel de l’exposition «(In)visibles», présentée en octobre dernier au Parc des Bastions, concordent pour dire qu’être visible dans l’espace public implique de devoir faire face à des violences et à un sentiment d’insécurité pour les personnes concernées. Dès lors, des lieux sont évités, des stratégies de dissimulation sont mises en place, l’esprit est en perpétuelle alerte.

Ces différents éléments factuels, qui seront bientôt complétés par les données d’un très intéressant projet de recherche qui démarre à l’Université de Genève, nous rappellent le travail qu’il nous reste à accomplir afin de pouvoir garantir à chacun-e-x le respect de son droit d’accès à l’espace public, indépendamment de son orientation sexuelle ou affective et de son identité ou expression de genre. Cela est d’autant plus vrai pour les personnes LGBTIQ+ qui appartiennent à des groupes particulièrement vulnérables et qui subissent des discriminations et des violences croisées, comme notamment les femme-x-s, les jeunes, les personnes âgées, les personnes en situation de migration ou d’asile, les personnes transgenres et non-binaires, et les personnes en situation de handicap.

S’il reste indéniablement un lieu de danger potentiel, l’espace public est aussi un lieu de rencontre, de rassemblement et d’affirmation essentiel pour les personnes LGBTIQ+. Elles y recherchent le soutien et l’apprentissage par les pairs pour y forger leur propre identité, quand les ressources et les modèles positifs manquent généralement dans l’environnement familial, voire quand il se montre, encore trop souvent, hostile. Elles doivent s’en emparer, malgré les obstacles, pour être visibles, revendiquer leurs droits, ou simplement flâner, s’amuser, se rencontrer et s’aimer. Ces différents éléments s’incarnent particulièrement dans les Marches des fiertés, tout à la fois espaces de liberté, de fête, de visibilité, de revendication et de (re)prise de possession collective de l’espace public. Les communautés LGBTIQ+ y déploient les couleurs de leurs fiertés, le drapeau arc-en-ciel, bien sûr, mais aussi toutes les autres bannières qui reflètent la diversité des identités et la spécificité de leurs besoins.

Les différentes couleurs des fiertés LGBTIQ+ sont au cœur de cette nouvelle campagne de la Ville de Genève, lancée comme chaque année à l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie du 17 mai. Elle propose d’explorer les divers enjeux de la visibilité des personnes LGBTIQ+ dans l’espace public à travers un affichage public et une série d’événements et de rencontres organisées en collaboration avec les associations et institutions locales. Je vous invite à nous y rejoindre et à alimenter notre réflexion collective, ce qui est d’autant plus nécessaire quand les mesures sanitaires privent depuis de longs mois les communautés LGBTIQ+ de nombreux lieux de sociabilité et d’espaces de revendications.

En écho et en cohérence avec cette campagne, de nouveaux drapeaux plus inclusifs de la diversité des populations LGBTIQ+ viendront compléter le désormais traditionnel pavoisement du Pont du Mont-Blanc et du Palais Anna et Jean-Grabriel Eynard du 17 mai. Ce sera une première en Suisse et peut-être même dans le monde!

L’espace public est au cœur de notre quotidien. Son accès libre et sûr est un droit inaliénable. À nous d’œuvrer à ce qu’il soit réellement inclusif et accueillant, pour tout le monde, partout, tout le temps.

Alfonso Gomez,
Conseiller administratif en charge de l’Égalité et de la Diversité.

Nous mobilisons ici le langage inclusif, soit un style d’écriture qui se veut non-discriminant et qui inclut le féminin, le masculin, mais également d’autres identités de genre par l’usage du «-x-». Le langage inclusif étant en perpétuelle évolution, les modalités utilisées dans la présente communication restent perfectibles.

Télécharger les visuels de la campagne (pdf 35 mo)

Contact

Ville de Genève
Service Agenda 21-Ville durable
Guillaume Mandicourt
Chargé de projets LGBTIQ+
T. +41 (0)22 418 22 90
guillaume.mandicourt@ville-ge.ch